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ARTICLES

Ce mois ci dans cette rubrique, plein de belles choses !!

- un article de nos amis Espérantistes,

- un article sur la musique de pub extrait de la revue "Rythme et Raison" par Didier Thibault,

- un article sur les dix ans de la poudrière,

- les états d'ame de laurent sur les rolling stone.

Alors, Bonne lecture et n'hésitez pas à nous envoyer vos propres articles

ESPERANTO ROCK

Bonjour, chers amis lecteurs de TAM-TAM !

Après l'article de présentation du précédent numéro, nous allons donc cette fois commencer à entrer dans le vif du sujet afin de découvrir et de connaître davantage le monde mystérieux de l'Espéranto-rock. Le choix ne fut pas aisé mais comme il faut bien une entrée en matière, voici l'interview du guitariste d'un des groupes les plus connus dans le monde espérantiste : il s'agit d'Amplifiki qui a sorti son 4ème album en 1991 et qui est le plus ancien groupe de rock s'exprimant dans la langue internationale Espéranto.

INTERVIEW DE MIKKE ENGLUND

du groupe espérantiste scandinave AMPLIFIKI

à l'occasion de la sortie du 4ème album

Bertrand : Mikke, tu restes le guitariste de AMPLIFIKI, un célèbre groupe de rock espérantiste. Tout le monde sait que le groupe a enregistré une première cassette il y a cinq ans... Pourquoi réaliser, seulement maintenant, une quatrième cassette ?

Mikke : Trois ans se sont écoulés entre la première et la deuxième, et je n'ai pas aimé cela ; je pense qu'un intervalle d'un an entre deux cassettes est assez bon... Je suis la seule personne restante du groupe d'origine, car une combinaison de hasards et d'événements a fait que pendant tout ce temps j'ai été un espérantiste actif.

B : Celui qui ne sent pas une amélioration sensible entre cette cassette et les précédentes est vraisemblement sourd ! Comment expliquer cela en occultant le fait qu'elle a été enregistrée au Pigostudio et en même temps dans ton pays natal ? Doit-on en conclure que l'Espéranto connaîtrait à nouveau des frontières ?

M : Il y a eu le groupe lui-même qui a enregistré et réalisé le mixage de la totalité de la cassette "Chu ne ?" (en français, "N'est-ce pas ?"). Pour les cassettes précédentes, il y avait toujours des compromis entre le groupe et le technicien et la personne du mixage. Les gens de ce studio connaissaient assez mal ce que nous voulions faire : souvent ils avaient leurs propres idées qui convenaient pour certains groupes, pour d'autres non. Honnêtement, j'ai été généralement mécontent après l'enregistrement des autres cassettes. Je ne dirais pas que Pigostudio est meilleur que les autres studios où nous avons enregistré, ni moins bon, mais là nous avons senti une véritable tranquillité et la possibilité de faire tout ce que nous voulions, par exemple si le son de la batterie ne nous plaisait pas nous y travaillions jusqu'à ce qu'il sonne bien. A l'opposé il y a eu l'enregistrement de la cassette "Esperanto ne konas landlimojn" (en français, "L'Espéranto ne connais pas de frontières") où au total nous n'avons pas eu de possibilité pour expérimenter d'une manière ou d'une autre. Malgré tout, cette fois-là également nous sommes parvenus à quelques bons résultats, mais avec un peu plus de temps elle aurait pu être bien meilleure.

B : D'après toi, quelle a été l'influence de l'album "Destin' " de notre ami Vladimir sur "Chu ne ?" ?

M : Honnêtement, je l'ai écouté deux fois seulement et je ne me souviens pas du tout de la musique, mais d'une certaine manière il m'a inspiré avec les effets qu'il a mis entre ses chansons. Cela a eu pour résultat, au moins dans son disque, de rendre l'atmosphère vivante.

B : Je ne me rappelle pas que quelqu'un ait eu un jour le courage de poser la question et d'écrire au sujet de l'origine et des significations du nom Amplifiki... Tu auras le courage de répondre, n'est-ce pas ?

M : J'aurais le courage oui, mais ce serait mieux de demander aux deux créateurs du nom, Kim Henriksen et Bertil Wennergren...

B : D'après toi, que vaudrait la critique d'un album de musique rock qui se contenterait de critiquer les textes ?

M : Pour quelques artistes les textes sont sans aucun doute très importants, par exemple ce chanteur russe Visocski se sert évidemment de la musique comme arrière-plan pour soutenir le texte de ses chansons. Dans ce cas la critique du texte est obligatoire et ce serait une erreur de mettre l'accent sur la muzique dans une telle critique. Mais généralement dans la musique actuelle les textes ont un second rôle. Le plus souvent la musique elle même exprime les divers sentiments, par exemple la nervosité ou la tranquillité, la joie ou la tristesse, etc, etc, etc... Quant à notre dernière cassette, je n'aimerais pas une critique qui traiterait seulement les textes.

B : Mikke, on ne parle jamais de toi personnellement ! Je suis certain que beaucoup de lecteurs aimeraient en savoir un peu plus au sujet d'un guitariste aussi célèbre... Quel fait dans ta vie t'a décidé à apprendre l'Espéranto et la guitare ?

M : Quel célèbre guitariste ?

B : Un certain nommé Mikke Englund !

M : Le fait est que jusqu'à maintenant personne n'est venu me dire " J'ai écouté votre dernière cassette et j'ai beaucoup aimé les morceaux de guitare ! ". Honnêtement ceci n'est jamais arrivé, j'ai même pensé quelquefois à changer d'instrument car ma conclusion pourrait être que tout simplement les gens ne remarquent pas la guitare. J'ai commencé ma vie espérantiste il y a dix ans par mon ami Bertil Wennergren qui m'a introduit de mon coeur dans ce petit monde agréable, mais vaste cependant. Mais je joue de la guitare depuis vingt ans. Le fait est que, dès que j'ai commencé à jouer de la guitare, j'ai senti tout de suite que c'était une affaire de très grande valeur pour moi. La raison au début était simplement à cause de la musique que j'écoutais alors, c'était simplement du blues et du rock, par exemple Led Zeppelin, Fleetwood Mack, Jimi Hendrix entre beaucoup d'autres...

B : Maintenant je vais te poser une question très intime : t'est-il déjà arrivé, comme dans "Bluso en rubuj' " du groupe suédois Persone, d'aller chercher ta guitare dans le frigo ?

M : Non, bien sûr que non ! Cette idée ne me viendra jamais à l'esprit.

B : Penses-tu que cette idée est effectivement venu à l'esprit de Martin ?

M : Je répondrai avec le sérieux le plus honnête : je ne sais pas !

B : Dans les critiques de musique rock, j'aime parler de l'influence des musiciens... On raconte que dans votre vie privée vous avez une très grande... Que dois-je dire aux lectrices afin qu'elles te laissent préparer tranquillement la cinquième cassette de Amplifiki ?

M : Je dirais qu'une vie chaotique, autodestructrice et irrégulière est la meilleure source pour trouver de l'inspiration pour composer, que ce soit des livres, des tableaux ou de la musique. Tout simplement, je ne veux pas que les gens me laissent tranquille... (à question de plaisantin, même type de réponse...).

B : Que penses-tu maintenant de l'image actuelle de la musique rock espérantiste ?

M : C'est sans doute jusqu'à présent la question la plus difficile. On peut espérer que par suite de la saturation due à la musique d'origine anglo-saxonne, cela créera un intérêt également pour notre culture musicale. Ces derniers temps, il y a eu une claire tendance se reveillant vers de nouvelles voies et influences musicales. On peut espérer que cela ouvre de nouveaux horizons à la culture musicale espérantiste, espérons-le...

B : Et pour tous les changements survenus au cours de la vie d'Amplifiki, quel avenir prévois-tu pour le groupe ?

M : Tout dépend peut-être de la réaction des gens par rapport à notre dernière cassette. C'était très stressant durant notre dernier enregistrement et si nous ne remarquons aucune réaction positive, ce sera peut-être notre dernière cassette. Au contraire, si nous sentons que des personnes estiment notre musique, cela montrera une voie vers un certain futur, mais que sera-t-il, Dieu seul le sait.

Cet interview a été tirée de la fanzine ROK-GAZET' numéro 3, année 1992. Si vous désirez rentrer en contact avec ce groupe, voici ses coordonnées:

Amplifiki

p/a Micke ENGLUND

Love Almqvistsvag 8

SE - 11253 STOCKHOLM

Suède

Et dans le prochain numéro de TAM-TAM, vous pourrez trouver la critique détaillée de l'album "Chu ne ?"

A la prochaine !

INTERVJUO DE MIKKE ENGLUND

de la skandinava muzikgrupo AMPLIFIKI

okaze de la publikigo de la kvara albumo

Bertrando : Mikke, vi restas la gitaristo de Amplifiki, fama esperanto-rokgrupo. Chiuj scias, ke la grupo surbendigis unuan kasedon antaù kvin jaroj... Kial fari, nur nun, kvaran kasedon ?

Mikke : Estis tri jaroj inter la unua kaj la dua, kaj tio estis io, kion mi ne shatis ; mi pensas, ke spaco de unu jaro inter kasedoj estas sufiche bona spaco... Mi estas la nura persono, kiu restas el la origina grupo, char tio estas kombino de hazardo kaj fakto, ke mi, dum tiu tuta tempo, estis aktiva esperantisto.

B : Kiu ne sentos ioman perfektigon inter tiu kasedo kaj la antaùaj vershajne estas surda ! Kiel klarigi tion, kashante, ke ghi estis surbendigita en Pigostudio kaj samtempe en via gepatra lando ? Chu konkludi, ke Esperanto ree konus landlimojn ?

M : Estis la grupo mem, kiu registris kaj miksis chion de la kasedo "Chu ne ?". Kun la antaùaj kasedoj, chiam estis kompromisoj inter la grupo kaj la teknikisto kaj la miksisto. Tiuj personoj de la studio sufiche malbone konis tion, kion ni volis fari : ili ofte havis proprajn ideojn, kiuj taùgas por kelkaj grupoj, por kelkaj ne. Honeste, mi estis ghenerale malkontenta post la registrado de la aliaj kasedoj. Mi ne dirus, ke Pigostudio estus pli bona ol la aliaj studioj, kie ni surbendigis, nek pli malbona, sed tie ni sentis veran trankvilecon kaj eblon fari kion ni volis fari, ekzemple se la drum-sono ne plachis al ni, ni prilaboris tion ghis ghi sonis bone. Mala ekzemplo estis surbendigado de la kasedo "Esperanto ne konas landlimojn", kie ni entute ne havis eblecojn por iel eksperimenti. Tamen, ni atingis ankaù tiam kelkajn bonajn rezultojn, sed kun iom pli da tempo, ghi povus esti multe pli bona.

B : Laù vi, kiun influon shuldas "Chu ne ?" al "Destin' " de nia amiko Vladimir ?

M : Honeste, mi aùskultis ghin dufoje, nur, kaj mi komplete ne memoras la muzikon, sed iel li inspiris min kun siaj efektoj, inter kantajhoj. Tio, almenaù en lia disko, vivigis la etoson.

B : Mi ne memoras, ke iu iam kuraghis demandi kaj skribi pri la deveno kaj signifoj de la nomo Amplifiki... Vi kuraghos respondi, chu ne ?

M : Mi kuraghus jes, sed pli bone estas demandi al la du kreintoj de la nomo, Kim Henriksen kaj Bertil Wennergren...

B : Laù vi, kion valorus recenzo de rokmuzikalbumo, kiu kontentighus kritiki la tekstojn ?

M : Por kelkaj artistoj sendube la tekstoj estas tre gravaj, ekzemple tiu rusa kantisto Visocski evidente uzis muzikon kiel malantaùajhon por subteni la tekston de siaj kantajhoj. Tiam recenzo de teksto estas nepra kaj estus erare emfazi muzikon en tia recenzo. Sed ghenerale en la muziko de hodiaù la tekstoj havas la duan rolon. Plej ofte la muziko mem esprimas la diversajn sentojn, ekzemple nervozecon aù trankvilecon, gajecon aù malgajecon, ktp, ktp, ktp... De nia lasta kasedo mi malshatus recenzon, kiu nur pritraktus la tekstojn.

B : Mikke, neniam oni parolas pri vi mem ! Mi certas, ke multaj legantoj shatus scii iom pli pri tiom fama gitaristo... Kiu fakto en via vivo decidigis vin lerni Esperanton kaj gitaron ?

M : Kiu fama gitaristo ?

B : Iu nomata Mikke Englund !

M : Fakto estas, ke ghis nun neniu venis al mi por diri " Mi aùdis vian lastan kasedon kaj mi tre shatis la gitarludadon ! ". Honeste tio neniam okazis, mi ech pripensis kelkfoje shanghi instrumenton, char mia konkludo povus esti, ke homoj simple ne rimarkas la gitaron. Mi komencis mian Esperantan vivon antaù dek jaroj pro mia amiko Bertil Wennergren, kiu bonkore enkondukis min al tiu eta agrabla mondo, tamen vasta. Sed gitaron mi ludas ekde antaù dudek jaroj. Fakto estas, ke tuj kiam mi komencis ludi gitaron, mi tuj sentis, ke estas tre ege valora afero por mi. La kialo por komenci estis simple la muziko, kiun mi tiam aùskultis, tiu estis simpla roko kaj bluso, ekzemple Led Zeppelin, Fleetwood Mack, Jimi Hendrix inter multegaj aliaj...

B : Nun mi petos de vi tre intiman respondon : chu jam okazis al vi , kiel en "Bluso en rubuj' " de Persone, serchi vian gitaron en la fridujo ?

M : Ne, kompreneble ne ! Tiu ideo neniam kaptos min.

B : Chu vi pensas, ke tiu ideo efektive kaptis Martin ?

M : Mi respondas kun la plej honesta seriozeco : mi ne scias !

B : En rokmuzikaj recenzoj mi shatas paroli pri la influo de la muzikistoj... Oni rakontas, ke vi havas tre grandan, en via privata vivo... Kion mi diru al la legantinoj, por ke ili lasu vin trankvile pretigi la kvinan kasedon de Amplifiki ?

M : Mi dirus, ke kaosa memdetruanta malregula vivo estas la plej bona minejo por trovi inspiron por verkoj, chu libroj, pentrajhoj aù muziko. Simple mi ne volas, ke homoj lasu min en trankvileco... (al shercema demando, samspeca respondo...).

B : Kion vi nun pensas pri la hodiaùa bildo de la Esperanto-Rokmuziko ?

M : Sendube ghis nun la plej malfacila demando. Espereble la satigho de angladevena muziko kreos intereson ankaù por nia muzikkulturo. Lastatempe estis klara novvekita emo al novaj vojoj kaj influoj en muziko. Tio espereble malfermos eblecojn por la Esperanta muzikkulturo, espereble...

B : Kaj, por chiomaj shanghoj tra la vivo de Amplifiki, kiun estontecon vi antaùvidas por la grupo ?

M : Eble chio dependas de la reago de la homoj rilate al nia lasta kasedo. Estis tre strechige dum la lasta surbendigado kaj, se mi ne rimarkos ian positivan reagon, eble estos nia lasta kasedo. Male se ni sentos, ke homoj estimas la muzikon, tio montros vojon al ia estonteco, sed kiel ghi estos, nur scias Dio.

Tiu intervjuo estis elprenita de la revuo ROK-GAZET' numero 3, jaro 1992. Se vi deziras ekkontakti tiun grupon, jen ties adreso :

Amplifiki

p/a Micke ENGLUND

Love Almqvistsvag 8

SE - 11253 STOCKHOLM

Svedio

Kaj en la venonta numero de TAM-TAM, vi povos malkovri la detalitan recenzon de "Chu ne ?".

Ghis la revido !

VOCABULAIRE

voici la traduction de quelques mots pour vous repérer un peu

surbendigi enregistrer shati aimer, apprécier

antaù avant recenzo critique (littéraire, musicale,...)

sufiche assez nura seul, unique

taùgi convenir landlimoj frontières

plach plaire ghis jusqu'à

facila facile malfacila difficile

eblecoj possibilités ankaù aussi

skribi écrire aùskulti écouter

muziko musique lasta dernier

eble peut-être kompreneble bien sûr

kanti chanter gitaro guitare

ludi jouer multe beaucoup

jaro année grava important

LA MUSIQUE DE PUB

Article extrait de la revue "Rythme et Raison"

Didier Thibault

Compositeur

Certaines personnes pensent que la difficulté majeure pour composer une musique de pub réside dans le fait de devoir exprimer en l5 secondes autant de choses que dans une oeuvre symphonique ! Sans vouloir dévaloriser la musique destinée à la publicité, il est évident que son but n'est pas si ambitieux, et que sa raison être repose sur des critères radicalement différents. L'essentiel est plutôt de parvenir à une symbiose entre la musique, le message, et l'image lorsqu'il s'agit d'un spot T.V.

GENERALITES

Compte tenu du fait qu'il s'agit toujours d'une commande, le travail du compositeur avant d'écrire la première note, consiste en un premier temps a être à l'écoute de tous les impératifs, puis à en faire la synthèse. Cela peut très vite prendre la forme de compromis, en fonction du nombre de "décideurs". Il faut donc adapter son propre style à tous les critères de la commande, tout en préservant au maximum la spontanéité et la liberté créatrice, qui sont les raisons être de "l'artiste".

Durant les différentes étapes, il ne faudra pas perdre de vue que parallèlement à la "liberté de l'artiste créateur", s'ajouteront des contraintes d'ordre relationnel et financier. Il est souvent très difficile de dissocier ces deux aspects, mais nous tenterons de privilégier le cote créatif. De même que chaque commande est différente, tant dans son contenu que dans la manière de la réaliser, chaque compositeur à son propre vécu, ses propres buts, et ses propres méthodes de travail. Nous allons tenter néanmoins de faire un "portrait- robot" du compositeur de musique de pub.

PORTRAIT D'UN COMPOSITEUR DE MUSIQUE DE PUB

On peut affirmer, sauf exception, qu'on ne "naît" pas compositeur de musique de pub. On peut venir de tous les univers musicaux ; aussi bien rock que classique, variété ou expérimentation sonore. Il est évident que cette culture laissera des empreintes dans la manière d'écrire, et la diversité des expériences fera souvent la richesse du compositeur, l'éclectisme et l'ouverture d'esprit restant les deux qualités essentielles à ce genre de travail. Il n'en demeure pas moins vrai que quelle que soit l'expérience, un minimum de connaissances musicales sont requises. Les autres atouts étant la rapidité (la musique étant souvent la dernière composante et les débordements de planning sont fréquents concernant casting, tournage, montage...). Il faut également ne pas oublier l'investissement en matériel (instruments et synchronisation pour l'image). A moins de travailler uniquement avec un crayon et du papier, comme certains compositeurs, principalement classiques, il faut dans ce cas, soit disposer d'un budget conséquent, soit oublier la notion de maquette. En dernier lieu, il faut bien entendu posséder un minimum de références et de relations. Il est du reste fréquent de "rentrer" dans la pub par le hasard d'une rencontre. Mais ceci est d'un ordre moins artistique et revenons à la musique...

LE ROLE DE LA MUSIQUE DANS LA PUB

Tout d'abord, il convient de faire la distinction entre : "pub radio" et "pub T.V".

Le rôle de la musique dans la pub radio est plus important, l'accroche ne pouvant évidemment pas se faire par l'image. Par contre, l'écriture est beaucoup moins rigoureuse. Elle se doit surtout d'accompagner, de porter le texte. Pour simplifier, elle peut revêtir un aspect dynamique, informatif, gai, sérieux, optimiste... et sera souvent construite sur le schéma suivant : ponctuation début -> message -> ponctuation finale. A titre d'exemple, je citerai trois pubs que j'ai réalisées pour des journaux sportifs (FRANCE FOOTBALL, PLANETE FOOT, VELO MAGAZINE) et qui comprennent des ingrédients très caractéristiques de ce type de produit, à savoir :

- tempo rapide, dynamise par un rythme ternaire

- ajout de bruitages (foule) qui porte bien le texte

- cuivres, qui donnent un cote victorieux

- gimmick de début et de fin

Mais il est parfois préférable de donner à la musique un caractère moins incisif, voire moins agressif et de privilégier la mélodie, cela permet de personnaliser, de fidéliser, un peu au même titre qu'un générique d'émission.

Prenons par exemple la musique de L'Horoscope R.T.L. pour laquelle j'ai compose un thème mélodique sur six notes mémorisables, posées sur une ambiance intersidérale accompagnant le texte. Cette annonce étant diffusée plusieurs fois par jour et toute l'année, j'ai réalisé de multiples versions où le thème est joue par différents instruments (flûte, guitare, piano...).

Analysons à présent le rôle de la musique dans la pub TV qui est beaucoup plus variable. Il peut aller de 0 % à l00 % ! Nous considérerons trois cas de figure :

0 %
il est néanmoins intéressant de mentionner cette éventualité, pour les différentes raisons qui motivent ce choix.

a/ La musique dissiperait l'attention (pub intimiste par exemple) ou bien le client n'aime pas la musique en général, dans ce cas, il n'y a rien faire et nous n'insisterons pas.

b/ Cela coûte trop cher. Il s'agit alors, très souvent, d'une mauvaise information ; il est toujours possible de négocier le prix, en fonction parfois du nombre de passages qui assurent une compensation par les droits d'auteur. Sans oublier que certains utilisent la musique du commerce pour des sommes de l'ordre de 500.000 Francs et semblent s'y retrouver par l'impact ainsi produit.

c/ Le client préfère l'adjonction de bruitages. Parfois cela peut se justifier, mais parfois c'est uniquement dû au prix, les bruitages étant gratuits d'utilisation. On peut toujours essayer dans ce cas, de trouver un compromis.

50 %
C'est heureusement le cas le plus fréquent, le rôle de la musique peut être motive par une ou plusieurs raisons, qui peuvent d'ailleurs se compléter. Soit un cote purement esthétique, comme un soutien à l'image. Soit comme un moyen de mémoriser le spot ou la marque (type logo sonore). Soit comme une référence à un type de produit ou à sa cible (jeune, sexy, luxueux...). Dans ce cas, il est parfois demande une musique "dans le style de", qui fait référence à une mode, à une époque, à un artiste ou à une chanson véhiculant un message correspondant au produit. Dans tous les cas, les quatre éléments du spot publicitaire (produit, message, image et musique) se doivent être en parfaite harmonie, jusqu'à devenir quasiment indissociables.

Prenons par exemple la pub pour les "COUETTES DODO", sur laquelle j'ai travaillée récemment. Trois films de dix secondes mettent en scène respectivement une femme seule ("DODO SEREIN"), un couple ("DODO COQUIN") et une petite fille avec son nounours ( "DODO CALIN"). Partis sur une idée de base de piano solo (correspondant à un produit lie au confort, au calme), je suggérais d'ajouter un second instrument afin de marquer la différence entre les trois types de "cible".

Premier film avec thème de sax ténor grave, très chaud, second avec sax plus haut, et troisième avec boite à musique. Le rythme devait "couler", en accord avec les mouvements de la camera. Composée uniquement à partir d'un story-board très précis (dessins avec timing et indications des mouvements et du texte), la synchronisation fut parfaite. La première version (plus proche de la demande initiale) fut sacrifiée au profit de la seconde, beaucoup plus mélodique.

L00 %
L ' excès en tout est un défaut. Ceci peut signifier que le message et les images sont nuls et que l'on compte sur la musique pour "faire passer". Le rôle de la musique se réduit alors simplement à combler un vide, à "remplir". Nous préférons ne pas imaginer cette éventualité, qui doit être très rare, ou alors on ne l'a pas su !

Bien que chaque cas soit particulier et qu'il n'existe pas de recette magique, il est néanmoins possible d'établir les grandes lignes de ce travail de composition particulier. Nous allons donc analyser les différentes phases de l'élaboration d'une musique de pub.

LES DIFFERENTES ETAPES DANS L'ELABORATION D'UNE MUSIQUE DE PUB

Comme dans toute composition, "idée" peut naître d'un thème mélodique qui surgit spontanément d'un son génial créé la veille, d'un rythme qui semble s'imposer de lui-même avec l'image... toutes ces "trouvailles" étant exploitées en fonction de l'état d'âme du compositeur à ce moment précis. Le phénomène de la créativité reste heureusement complexe et mystérieux dans son analyse, mélangeant conscient et inconscient dans des proportions variables. Il est néanmoins indéniable que ce type de composition doit être guide par certaines directives de la part du (ou des) commanditaire(s). La première étape sera donc de prendre connaissance de ces impératifs, lors du "briefing".
LE BRIEFING
Cette réunion peut se dérouler en présence de toutes les personnes travaillant sur le projet (concepteurs, agence, graphiste. compositeur, parfois même client), mais cela est très rare. Présentation du produit, de la cible (clientèle). Ce type de briefing est idéal, car le compositeur est en relation avec toutes les parties.

Mais paradoxalement, cette réunion peut s'éterniser, chacun donnant son avis sur le travail des autres. J'ai été confronte à ce problème une fois et de plus pour ma première pub TV ! ("CONFITURE ANDROS, LA CONFITURE DU BERGER DES FRUITS"). Il s'agissait d'un dessin anime mettant en scène un berger accompagnant tous les fruits depuis le verger jusqu'au pot de confiture. Briefing en présence de toute l'équipe. Pour privilégier le cote naturel du produit, je suggérais une musique très "chantante", le texte était chante avec un accompagnement de guitare acoustique. Pour l'anecdote, l'un des décideurs me demanda au bout d'un quart d'heure ce que je voulais dire par guitare "acoustique", car il ne connaissait que guitare "électrique" et guitare "sèche" ! Puis, après avoir remis en cause pendant une bonne heure le dessin du berger (un peu trop efféminé au goût de certains), on revint à la musique. A la dernière minute, on me demanda de rajouter une flûte traversière, un autre décideur ayant entendu à la radio Jethro Tull le matin même dans sa salle de bain !

Dans la plupart des cas le compositeur n'est en rapport qu'avec la production ou l'agence, lorsqu'il y en a une. Le nombre d'intermédiaires nuit toujours à une diffusion rapide et claire des informations, sauf quand la production et l'agence savent parfaitement ce qu'elles veulent et savent être convaincantes (ce qui arrive souvent, fort heureusement). Mais le client est roi et un changement de cap peut aussi se produire ! S'il y a un appel d'offre pour la musique, il va de soi que les différents compositeurs sont contactes séparément

Apres le briefing, le compositeur dispose généralement d'une base de travail précise (type d'instrumentation, tempo, thème mélodique ou climat sonore et bien souvent référence à des musiques existantes). Il est très rare que l'image soit montée sur la musique, il est donc préférable d'avoir un story-board. La plupart du temps, le compositeur passe alors à l'élaboration d'une maquette.

LA COMPOSITION
Le travail peut alors réellement commencer. L'importance de la musique dépend de son rôle dont nous avons parle tout à l'heure. S'il y a beaucoup de texte parle, il faudra ne pas être trop envahissant, trop dense. Si elle doit être très liée à l'image, il faudra privilégier esthétique du mouvement et la synchronisation et si elle est en rapport direct avec le message il faudra qu'elle soit adaptée au produit et à sa cible. Il va de soi que ces critères ne sont pas strictement compartimentes. Tout est question de dosage !

Afin de se "libérer" l'esprit de toutes ces informations, il est préférable de faire en premier lieu une musique le plus proche possible de la commande. On peut se heurter alors à deux difficultés :

-Dans le cas d'une musique "dans le style de", il faut néanmoins se démarquer suffisamment (ne pas tomber dans le plagiat), en ne gardant que l'aspect qui a "accroche" (instrument dominant, rythme, ambiance...).

-Gérer les contradictions du briefing (énergique mais pas agressif, classique mais très actuel...).

Une fois terminée cette version (qui peut être considérée plutôt comme un exercice de style), il est alors plus facile au compositeur de laisser libre cours à son imagination et de créer quelque chose de plus personnel, avec des éléments supplémentaires, dont certains pourront éventuellement permettre une synthèse avec la première version.

Pour présenter cette composition plus personnelle, il est préférable, pour mieux la défendre, de ne pas avoir dévoilé certaines idées lors du briefing (impression de déjà entendu si l'on utilise tel son, progression ou rupture nécessaire sur telle image), afin de montrer quelque esprit d'initiative. Mais pas trop et ne pas hésiter à laisser croire au client que idée vient de lui !

Il est également souvent judicieux d'accentuer le cote mélodique, parce que plus mémorisable.

LA REALISATION FINALE
Le compositeur accède alors à l'étape ultime et capitale, celle du jugement de son "oeuvre". Trois cas peuvent se présenter :

l/ La musique est acceptée sans conteste. C'est idéal !

2/ Toutes les propositions sont refusées en bloc, pour des raisons diverses (artistiques ou affectives). Ceci est très rare mais le risque existe... Si malgré tout ce choix est irrémédiable, le compositeur a certainement perdu un client. Si cela se répète, il vaudra mieux pour lui changer de métier !

3/ La musique est acceptée, moyennant quelques légères retouches. Cela arrive fréquemment et il ne faudra pas s'en offenser. Les modifications à apporter peuvent être simplement dans le mixage, ou bien dans le choix d'un instrument...La responsabilité est souvent partagée et l'erreur n'incombe pas uniquement au compositeur.

LA DIFFUSION
La diffusion ne concerne le compositeur que d'un point de vue financier (ce qui n'est pas négligeable). Bien qu'il soit difficile de "chiffrer" précisément ce qu'une pub peut rapporter, il est important de donner quelques indications. En premier lieu, la somme versée "a la commande" se négocie en fonction de plusieurs critères :

- la durée du spot.

- le travail de synchronisation avec l'image (plus ou moins rigoureux, donc plus ou moins long).

- l'orchestration (écriture éventuelle de parties de cordes, de voix...).

- le nombre de passages. Plus il y en a, plus le compositeur touchera de droits d'auteurs par la SACEM. Cela donne également une idée de l'importance de la campagne et par rapport au prix de l'achat d'espace, les quelques milliers de francs du compositeur ne représenteront jamais la part la plus importante du budget global !

Il est donc important de savoir au départ le nombre de passages et il est même préférable d'avoir le "plan media" (jours et heures de diffusion, sur quelles chaînes...) et d'en donner une copie à la SACEM.

Définir également les conditions financières de chaque maquette (remixages éventuels, ajouts de bruitages...). Ceci peut éviter d'en réaliser cinq pour le prix d'une !

Tous ces paramètres, très variables (spots de 3 à 30", instrument solo ou orchestre symphonique, l0 à 300 passages...) font que cette somme peut varier de 3000 à 50000 francs, voire au double en cas de très grande notoriété du compositeur !

En ce qui concerne les droits d'auteurs (perçus six mois ou un an plus tard), ils dépendent de la durée (par tranche de l5" pour la radio, à la seconde et suivant l'heure de passage pour la TV), et varient d'une station à l'autre et d'une chaîne à l'autre. Pour la radio, une tranche de l5" peut aller de l0 à 45 francs et pour la TV, la seconde peut rapporter de l Franc (FR3 REGION) à 20 francs (TFl, F2, F3). Les calculs s'avèrent donc très difficiles. De plus, il faut diviser par deux, en cas d'éditeur éventuel

CONCLUSION

Même si ce résumé succinct peut donner l'impression d'un "parcours du combattant", la composition de musique de pub est un métier passionnant et enrichissant, principalement par le fait qu'au travail de création s'ajoute un cote relationnel très intéressant, qui permet au compositeur de sortir de l'isolement propre à sa profession. Sans oublier le point de vue lucratif de ce métier, lorsque le compositeur dispose d'une certaine "notoriété". Mais le puriste devra avant toute chose aimer ce qu'il fait et c'est en satisfaisant ses clients qu'il bénéficiera de leur part d'un maximum de commandes et de références. C'est ainsi que le compositeur fait sa propre "pub".

LES ROLLING STONES

Bonjour.

Bon, c'est vrai que pour certains, la nostalgie aidant, payer deux cent francs ou plus, pour les voir encore une fois c'était le pied. Si en plus, depuis des années vous aviez fait saliver vos enfants sur ce groupe dit mythique, c'est sur qu'il fallait emmener rapidos votre progéniture, avant qu'ils disparaissent.

Et puis, de les voir même de loin, mais surtout de les écouter " murmurer " cela vous ramenait vingt ans en arrière. A l'époque des seventies, ou tout semblait permis en ce bas monde. Amour libre, fumettes enragées, style baba-cool et Cie et combie VW bariole de couleurs criardes.

A la belle époque que c'était. Et eux, étaient déclarés plus grand groupe de rock du monde, à coup de blues-rock. Leur saga musicale suivait les tendances du moment et leurs frasques amoureuses et fumeuses faisaient parfois les gros titres des journaux. Mais tout s'effaçaient, car ils chantaient une musique qui dilatait vos papilles musicales.

Alors, vous achetiez avec délectation le dernier, celui qui allait agrandir votre collection de microsillon. Et lors des écoutes, vous partiez avec eux dans le pays de l'amour du rock et du blues.

Et, comme vous ils ont pris de l'age. mais ils étaient toujours la. Du moins vous avez cru.

Pour les concerts à Paris dont un acoustique, vous avez pries, pleures, adores, chantes, danses aussi. Pour vous dire ensuite " Quel pied !!! ".

Mais .....

Car il y a un mais, sinon je me serais pas casse le cul à vous parler des Rolling Stones depuis dix bonnes minutes, car une petite rumeur commence à faire son chemin. Pas celle disant qu'ils sont vieux. Tout le monde le savait. Ni qu'ils sont plus le groupe de rock d'il y a vint ans. Alors la, même un ignare musical vous l'aurait dit. Non simplement, il semblerait bien que le coureur à pied, baptise par certains journaux comme l'homme le plus sexy du siècle ( c'est facile à dire mais il faut assurer après !!! ) et chanteur/leader du groupe, ne chantait pas réellement sur scène.

Quand je dis chanter, je parle pas du murmure qui semblait sortir des lèvres soit disante pulpeuse.

Non, je parle du PLAY-BACK qui était assure pour faire croire que Mike Jagger " gueulait " dans le micro.

En effet, rappelez vous.

Lors de la sortie mondiale du dernier Cd Audio intitule " Voodoo Lounge ", avec un tapage médiatique du plus bel effet, Canal + dans sa grande bonté ainsi que différentes chaînes câblées ou satellisées nous a présentée le groupe et plus particulièrement Mike Jagger. Interviews, et Compagnie.

Bon pour un mec de cinquante ans et plus, c'est vrai qu'il ne porte la brioche que certains nous proposent sur les plages des Bahamas ou autres lieux paradisiaques. C'est un bon point pour lui. Tandis que moi, je cuit du cote d'Argeles sur Mer. Déjà le bonhomme d'aujourd'hui et celui d'il y a dix ans, a des rides en moins. Etonnant non !!!!! Vous me direz que d'autres ne se gênent pas pour afficher une jeunesse de visage alors qu'ils vont sauter la barrière des soixante ans.

Mais la n'est pas le propos. Il fait ce qu'il veut de sa peau, comme un des personnages du film Brazil. Le problème est sa voix. Celle qu'il murmure alors qu'il va d'un bout à l'autre de la scène à grande enjambée.

Donc, interviews bien préparés. Un léchage de cul pur porc, pour être poli. Et puis, alors que les Rolling Stones sont en tournée en France à gueuler du cote de Montpellier, la chaîne cryptée nous permet de les voir en concert.

Et la j'ai eut un soupçon. Pas un gros. mais un de ceux qui vous titillent le bulbe rachidien à trois heures du matin, alors que vous parcourez histoire de vous changer l'esprit un bon polar. En effet, vous trouvez quand même étonnant qu'un mec, bâti normalement, ayant eut une vie de patachon bien remplie à coup de petits verres d'alcool, de lignes blanches et Cie, puisse courir, monter et descendre des escalier, et CHANTER ou du moins murmurer en même temps. Sans être essouffler une seule fois.

ETONNANT NON !

Apres avoir prévenu vos voisins histoire qu'ils n'appellent pas les flics pour vous faire emmener chez les fous essayer donc, de faire le tour de votre jardin, en trottinant, de monter des escaliers, de les redescendre, et en même temps de chanter SATISFACTION. Au bout de dix minutes, montre en main, vous serez logiquement et forcement essouffle. Surtout si vous avez 50 ans et plus !!!!

A moins que ..... le PLAY BACK soit la !!!!!

C'est en effet la grosse rumeur qui court, suite aux concerts donnes par le groupe cite ci-dessus, en Allemagne.

Et pourquoi pas en France ?

Vrai ou faux ?

Moi, je penses que les milliers et milliers de spectateurs qui sont venus les voir, n'ont entendu qu'une bande audio bien synchronisée sur des lèvres babouches, pendant certaines parties du concert. Sauf celui acoustique. Et encore !!!!!! Mais n'est ce pas du vol ? Une tromperie sur la marchandise. Alors que nous allons nous moquer des milliers de personnes qui assistent à Bercy à une méga-dance-machine avec des groupes se produisant en play back, cela peut sembler à priori normal. Bien qu'il s'agissent la plus d'une fête sympathique ou implicitement le spectateur lambda c'est à quoi s'en tenir. Mais qu'un groupe de rock, post-post-soixante huit ose ainsi arnaquer le spectateur qui attend une prestation scénique et musicale, il y a de quoi se mettre en colère. Encore plus, si l'auditeur que vous étiez était pas avise.

Et si vous doutez encore, visionnez donc tout ce que nous a propose

la chaîne Canal +.

Laurent DUBOURG.

LA POUDRIERE

Bonjour.

Vous venez de lire ou vous allez lire l'interview du groupe KILLERS

Heureux lecteurs/lectrices que vous êtes !!!!!

Car, pour ne pas vous laissez sur votre faim, j'étais parti pour vous proposer un autre interview, celui du directeur de la salle LA POUDRIERE ou j'avais entendu le groupe KILLERS sévir à Rochefort sur Mer.

Et puis concours de circonstance, un journaliste professionnel travaillant sur Rochefort a sorti un article pour les DIX ANS de LA POUDRIERE.

Et comme le mec en question a un peu plus de métier que moi, après diverses tractations et rendez vous secrets, j'ai pu soutirer un accord de publication de l'article en question.

Alors ne tardant plus....

DOUCEMENT LES BASSES

L'office municipal de la jeunesse est garant de l'esprit, des objectifs et des conditions techniques d'utilisation de la salle. Ce principe pose, les jeunes ont les coudées franches pour jouir pleinement d'un espace liberté : à l'écart du centre-ville, ils fertilisent un site inerte à l'origine ( pour ne pas dire sinistre de désolation ) coince entre le bassin de plaisance et la Vieille forme de radoub. Nom du lieu : LA POUDRIERE.

La salle, hier affectée à la rigoureuse organisation du dépôt de munitions, vibre depuis dix ans sous les assauts explosifs d'une autre nature, la culture rock.

Les groupes s'y forment et y succombent, se reforment et percent si d'aventure l'oubli ne les gagne pas. Directeur de l'Office Municipal de la Jeunesse, Laurent Brizard se souvient de l'heure ou fut allumée la mèche.

" L'office n'était alors pas constitue en tant que tel. C'était un centre d'information jeunesse dont l'unes des vocations était de recueillir les demandes formulées par les adolescents. Ils se retrouvaient alors dans un préfabriqué, face à la piscine, ils végétaient, répétaient dans des garages ... "

Une opportunité croisa alors ces scènes d'ennui. Rochefort lançait à grand renfort de subventions ses premières tranches de rénovation du patrimoine. Agée de trois siècles, camouflée par un roncier, la Poudrière attendait son heure.

" Nous avions déposé en mairie un dossier pour plaider la cause des jeunes. Simultanément, un technicien devenu depuis directeur/adjoint des services techniques, Jean Pierre Dufeuil, est venu me voir en me disant qu'il avait peut-être un lieu sous la main. Profitant des travaux au gymnase tout proche, il a fait tirer une ligne électrique et nous sommes allés à la Poudrière tester l'acoustique avec quelques instruments et une sono. "

A l'automne 1985, Rochefort devenait la première cite du département à offrir aux jeunes un espace gratuit et exclusif pour leurs répétitions. Sans limite d'horaire, les musiciens locaux, essentiellement amateurs, peuvent utiliser la salle. De groupe en groupe, et après avoir émargé sur le registre de l'office, on se refile l'unique trousseau des clés de la salle.

" Une manière de responsabiliser les utilisateurs " observe Laurent Brizard.

OUTIL DE PREVENTION.

Dix ans plus tard, le coup d'oeil dans le rétro conforte le choix d'hier. Un noyau dur d'une soixantaine de musiciens y gravite; une dizaine de groupes suivant les périodes. De 1985 à 1992, la salle a été fréquentée en moyenne un jour sur deux; depuis elle est occupée quasi-quotidiennement.

En matière d'action préventive orientée vers la jeunesse, Rochefort, avec cet outil, s'est donc rapidement porte en pointe. L'Agence nationale pour le développement des petites salles de spectacles l'a bien saisi qui a retenu en 1990 le projet d'équipement de la salle parmi ses priorités. Du coup, la ville de Rochefort, les conseils général et régional, l'OMJ, se sont retrouves partenaires sur un budget de 444 000 Francs. Et la lumière fut ... sur les concerts qu'accueillait aussi de longue date l'endroit. Chaudes soirées en atmosphère confinée et parfumée de volutes exotiques ou se sont inscrits les noms de Karim Kacel, Paulo Gang, Noir Désir pour n'en livrer qu'une poignée. Des nuits blanches concoctées par Christophe Pineau, animateur de l'office, dont la discrétion le dispute à la compétence.

Dans l'enveloppe, un budget de fonctionnement de 263 000 francs, pour éventuellement couvrir les déficits lies à l'organisation de spectacles par les jeunes eux-mêmes. Mais qui associe jeunesse et espace de liberté serait tente de déraper sur un terrain chaotique, la ou les pétards ne sont pas tous mouilles. La encore, rigueur, rigueur.

Explication de Laurent Brizard :

" L'office est une association socio-éducative. C'est pourquoi nous appliquons la loi : à l'intérieur de la salle, ni alcool, ni " fumette ". Cela dit, nous avons bien conscience de ne pas résoudre le problème, de ne faire que le reporter à l'extérieur. Pour autant, lorsqu'un jeune est ivre pendant un concert, il est expulse ".

Philippe BAROUX.

Apres cela je ne peux plus rien dire.

Laurent DUBOURG.

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