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L'INTERVIEW DU MOIS

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LES KILLERS

Bonjour.

Heure : Pas loin de minuit.

Lieu : Un hangar immense, vide. Des néons découpent les lieux.

Objets : Deux chaises plantées au milieu. D'immenses enceintes hi-fi ceinturent les lieux. Un lecteur Cd Audio est pose à égale distances des chaises.

Bruits : Silence total. Sauf ...

Personnes : Deux hommes s'approchent l'un vers l'autre lentement. Chacun d'eux à la main, un automatique. Ils s'épient. Ils s'assoient lentement. Se fixent. Ils rangent simultanément les armes dans des étuis de cuir.

- Alors ?

- Killers !

- Oui, mais au singulier, s'il te plaît !.

- Non, le groupe. Tiens tu va écouter et lire aussi si tu le désires.

Il sort de poche des feuillets. Se lève. Doucement il s'approche du lecteur, appuie sur la touche PLAY et d'un seul coup les murs du hangar vibre. Pose les feuilles à terre. Il se rassoit. Ferme les yeux et respire la musique. L'autre homme se lève doucement, prend la liasse se rassoit et lit.

Bruno DOLHEGUY au chant et à la guitare

Patrick SORIA à la batterie

Alain GARCES à la basse

Fabrice ARNOUTS à la guitare

DISCOGRAPHIE

- Fils de la haine

( Pressage vynil, mais réédition en Cd Audio au mois d'Octobre )

- Danger de vie

( Pressage vynil )

- Mise au poings

( Pressage vynil, Cd Audio, K7 )

- Résistances

( Pressage vynil, Cd Audio, K7 )

- Cites interdites

( Pressage Cd Audio et K7 )

- Contre courant

( Pressage Cd Audio )

En dehors des Cd Audio Danger de vie et Résistances produit par la société Sydney Productions, tous les autres albums ont été auto produit.

Aucun 45 tours de ce groupe n'est disponible sur le marche. Par contre une vidéo de KILLERS sera présentée à la presse à la fin de l'année.

Seul le dernier album Contre courant est actuellement disponible dans les bonnes pâtisseries musicales.

Mais que vaut musicalement cet album ?

Depuis le temps que je flemmarde soit sur la conférence Musique.032 ou ici, sur le journal Tam-Tam, vous avez remarque, si vous êtes un lecteur fidèle, que je ne m'emballes pas facilement.

Mais aujourd'hui, et bien je sais pas, je suis accroche par ce groupe. Allez savoir pourquoi ?

Et pourtant, le style musical du groupe KILLERS, n'est pas habituellement ma tasse de the. Il faut dire que c'est du hard-rock pur et dur, comme nous bassine habituellement quelques radios, dans des moments de folies. M'obligeant à scanner sur d'autres fréquences.

Alors, pourquoi eux ?

Car, je continue à détester les autres groupes français ou anglophones jouant du hard-rock. Je ne pourrais dire, mais une chose est certaine, j'en suis complètement GAGA. Et pour le reste de ma famille c'est très très grave comme folie. Pensez donc, même mes poissons rouges ne font une tête en chocolat, des que je mets sur la platine cette galette musicale. Je dirais même mieux, elle ne quitte guerre le lecteur Cd Audio.

Ce n'est pas par idéologie du style " Aimons la musique française ", loin de la même. Mais il me semble avoir enfin trouve un groupe qui aux travers des mélodies mais aussi du texte, dit enfin quelque chose de plausible. Pas du sirop grenadine ou du pipi de chat.

En ce qui concerne donc l'album Contre Courant il se compose de douze morceaux. Chacun d'eux montre un certain mal de vivre non pas du groupe mais plutôt de notre société. Sorti en Avril de cette année, il est complètement d'actualité au moment ou j'écris les lignes. Ce qui fait quand même six mois qu'il est disponible dans les bonnes librairies musicales.

Certaines mauvaises langues, et je les vois pointer, me diront à juste titre que le mal de vivre existe quand même depuis quelques années. C'est vrai, mais les textes sont d'une justesse pile poil.

Je vous ferais pas le coup d'analyser chaque morceau de cet album mais plutôt de laisser parler un peu le groupe. Sachez quand même que l'interview qui va suivre est un peu particulier. En effet, afin que vous ayez le maximum d'informations à votre disposition sur le groupe KILLERS, j'ai faxé des questions au chanteur du groupe. En spécifiant que les réponses émanent de l'ensemble du groupe. C'est pour cela que certaines portes ouvertes par mes interlocuteurs dans leurs réponses n'ont pas été exploitées par une interrogation venant de ma part.

Ceci dit, laissons la parole au groupe KILLERS, du moins à son représentant, par le biais de cet interview fax.

L'INTERVIEW FAX

T-T: Comment est ne le groupe KILLERS, quelle a été votre démarche pour un jour vous dire "Et si nous nous mettions en groupe" ?

B: On a tout d'abord commence dans la musique en "exécutant" des reprises de groupes de rock et de hard-rock. On s'est plus ou moins fait la main dans le domaine de la mise en place de morceaux en groupe avec des capacités individuelles d'instrumentiste extrêmement limitées pour ne pas dire inexistantes.

Avec le recul, je crois que c'est la meilleure chose à faire: Commencer en groupe et apprendre ensemble à devenir un peu moins mauvais. La notion de groupe est extrêmement importante dans le cas de KILLERS, on a toujours essaye de faire de notre mieux compte tenu des moyens dont on disposait.

Ce qui était vraiment super, c'était la sensation de soutien de nos propres morceaux. C'est à cette date que l'on a appelé notre groupe "KILLERS". Peu à peu, on est arrive à ne jouer que nos compositions et on s'est jeté à l'eau en participant à un tremplin rock régional que l'on a d'ailleurs remporté. Ce qui était vraiment super, c'était la sensation de soutien qu'on a reçu de la part d'un public important totalement implique dans notre aventure. Notre expérience a d'ailleurs suscite beaucoup de vocations et on en était vraiment heureux car il est clair que plus on serait de groupes, plus les conditions seraient réunies pour que l'on se rende compte qu'il était en train de se passer quelque chose.

T-T: Y at-il les mêmes musiciens depuis le début ?

B: Je suis le seul "rescapé" de cette période qui a réussi à surmonter le cap des dix ans de présence au sein d'un seul et même groupe. Il est clair que KILLERS a vu passer pas mal de monde mais jamais pour une courte période.

T-T: Pourrais -tu présenter les trois autres membres de KILLERS ainsi que leur cursus musical?

B: Il y a Patrick à la batterie qui est dans KILLERS depuis presque 4 ans. Il a joue auparavant pendant six ans dans un groupe qui s'appelait "EX-VOTTO". A la basse, il y a Alain qui est dans KILLERS depuis quasiment 3 ans. Il a joue pendant 2 ans dans un groupe qui s'appelait "ARKANGE" puis pendant cinq ans dans un autre groupe nomme "CRAZY HAMMER". Le dernier arrive dans KILLERS est Fabrice qui nous a rejoint il y a un an en tant que guitariste soliste. Il a tout d'abord commence dans la musique en tant que batteur en 1989 dans un groupe qui s'appelait "LMG" puis un an plus tard, il est passe à la guitare dans un groupe nomme "KAWE KANEM".

T-T: De travailler en groupe, cela impose t-il des contraintes ?

B: Bien au contraire, à chaque fois que cela a été le cas, il a fallu résoudre les problèmes d'ego qui en étaient la cause d'une façon radicale afin de garder la cohésion et la cohérence nécessaire à un groupe comme KILLERS qui ne conçoit son existence que dans un respect et une entente réciproque dénué de tout individualisme. Cela s'entend dans la mise en commun de nos propres personnalités offertes sans retenue au groupe qui s'en enrichit. Le bon et le mauvais de chacun est indispensable au groupe.

T-T: Entre vies professionnelles et musicales arrivez-vous à faire un partage équitable?

B: C'est pas toujours évident mais l'équilibre se fait de lui-même selon les impératifs et les contraintes de chacun. Le groupe ne doit pas être en opposition avec le fait de devoir bosser. au contraire cela nous permet d'être plus sereins et c'est sûrement un gage de durée car on a depuis bien longtemps laisse tomber tout espoir de vivre de notre musique pour s'octroyer une liberté et une authenticité que le professionnalisme musical ne peut garantir. On peut ainsi exister en étant totalement libres de nos choix sans aucune compromission au business. C'est un aspect qui restera toujours un gage de sincérité.

T-T: Comment se passent vos démarches pour vos tournées ou concerts ? Et qui les promotionne ?

B: Ce sont essentiellement des organisateurs qui nous contactent. De plus en plus, nous rentrons en organisation, cela nous permet de contrôler un peu mieux les différents postes et on diminue ainsi un peu plus facilement les risques de galères. C'est en se responsabilisant que l'on apprend le respect du travail effectue.

T-T: Si vous êtes auto produits est-ce un choix ? N'y a t-il pas assez de labels dans votre région ?

B: Tout dépend ce qu'un label est sensé nous apporter. Si cela se traduit par des promesses non tenues comme c'est malheureusement trop souvent le cas, on a déjà donne... L'expérience de douze ans de groupe permet de gommer la naïveté béate de ceux qui ne font que changer de marque de vaseline entre chaque album. Nous avons décidé d'agir concrètement en faisant l'acquisition de matériel d'enregistrement pour avoir constamment à disposition la possibilité de sortir ce que bon nous semble. Nous sommes ainsi seuls juges de notre direction artistique et maîtres de bout en bout de nos décisions. Il nous reste à résoudre la distribution de nos enregistrements mais nous souhaitons pour cela prendre le temps d'examiner les différents paramètres afin de ne pas se retrouver déçus trop rapidement.

T-T: Certains ont parle de créer un fond de soutien aux petits labels qui s'alimenterait en taxant les majors. Pensez-vous que cela aurait un effet positif ? qui devrait diriger ce fond de soutien ? Des politiques ? Des artistes ?

B: Incontestablement, il faudrait d'autorité taxer les majors, c'est un vrai problème de liberté d'expression artistique. tous leurs discours d'aides aux "nouveaux talents" ne sont que poudre aux yeux et calculs fourbes. On parle beaucoup mais rien n'est fait. Je pense qu'il est dans l'intérêt d'un organisme tel que la SACEM de s'intéresser à ce problème. Apres tout, nous en sommes tous membres en tant qu'auteurs et compositeurs et nous sommes une énorme majorité à rencontrer ces difficultés. L'égalité si chère à la devise républicaine est bien loin de se traduire en ce domaine. KILLERS existe, il dure, il vend et il avance d'album en album et de concert en concert envers et contre tous et il est grand temps de s'en apercevoir...

T-T: Il m'a semble que les textes de votre album "Contre-courant" sont principalement axes sur le mal de vivre de notre société. Est-ce pour vous important de montrer au travers des chansons les fractures sociales qui existent dans notre pays ?

B: C'est indispensable. La tendance actuelle est au repliement sur soi-même: chacun sa merde et sauve qui peut...Ce n'est pas normal, avoir les yeux ouverts et ouvrir sa gueule, c'est le rôle de tout humain qui se respecte. Il ne faut pas attendre qu'un malheur nous arrive pour réagir à celui des autres. On ne doit pas non plus se contenter d'avoir un discours de condamnation systématique, il faut aussi agir concrètement sans demander aux autres de faire ce que l'on n'est soi-même pas capable de faire. Le Militantisme est aujourd'hui une notion complètement galvaudée, c'est une grave erreur car les gens deviennent égoïstes et peureux. Cela devient extrêmement dangereux car les gens délèguent leur devenir à des institutions répressives qui les sécurisent faute de rechercher véritablement à améliorer la société.

T-T: D'autres tendances musicales telles que le Rap essaient de définir le malaise social et principalement celui des jeunes dans notre société. Pensez-vous que votre style de musique peut se rapprocher du rap à partir du moment ou il dénonce un certain mal de vivre ?

B: Les styles musicales sont incontestablement différents mais les préoccupations sont souvent proches. Je respecte ceux qui sont en adéquation avec leurs condamnations et qui refusent de jouer le rôle de pantin que l'industrie discographique leur destine. Cela vaut d'ailleurs pour tous les styles de musique, sans aucune exception.

T-T: En ce qui concerne les textes, qui les écrits ? Sont-ils collectifs ou simplement le "fruit" d'une seule personne ?

B: J'écris la totalité des textes mais il est évident que l'approbation est collective.

T-T: En dehors de la musique que vous jouez, quelles sont vos musiques préférées ? Ainsi que vos groupes ou chanteurs préférés ?

B: J'écoute pour ma part assez peu de choses mais dans ce que j'écoute, on retrouve beaucoup de styles complètement différents: Musique traditionnelle Basque, Rock et Hard-rock basque, Hard-rock (plutôt speed/mélodique), Trust, Thiefaine, Renaud.

T-T: Comment voyez-vous votre propre groupe dans 10 ans ? KILLERS n'est-il qu'une étape musicale ?

B: KILLERS a vécu à ce jour durant une période équivalente à un tiers de mon age actuel. Dans dix ans cela représentera la moitié de mon age, je crois qu'il est difficile pour ma part de parler étape. Je n'ai pour ma part aucun mal à re-signer pour dix ans car je commence tout juste à savourer les dix années écoulées, alors continuer de la sorte avec ceux qui m'entourent sera une vraie partie de plaisir.

CONCLUSION

Voila vous savez tout ou presque du groupe KILLERS. Votre mission, est non pas de promotionner ce groupe pour qu'il tombe sous la coupe d'une compagnie mais plutôt de le protéger d'un étouffement artistique venant de la part d'une Major.

Si vous acceptez cette mission, le Groupement des Amoureux de la Musique, niera toute participation à cette mission, si vous veniez à tomber amoureux de Julio Essuie-Glace, ou de M. Jackson.

Ce document ne s'auto détruira pas, mais nous vous demandons de le manger feuillet par feuillet.

L'homme releva la tête. Il posa les feuillets à terre. Regarda son partenaire qui avait toujours les yeux fermes. Il pencha la tête en arrière. Ferma les yeux.

Et .... respira la musique.

Laurent DUBOURG.

LIFE, LIVE IN THE BAR

Entretien avec Julien de Life, Live in the bar et avec Ben du groupe Eben et Ben.

L'INTERVIEW

Tam-Tam: Quels sont vos rapports avec les groupes ?

Julien: Il y a beaucoup de groupes que je programme. En fichier, on a 750 groupes dont on a les K7, les bios et dont on sait grosso-modo ce qu'ils font. Au fur et à mesure, il y en a avec lesquels on devient plus proche et dont on fini par s'occuper beaucoup. C'est le cas notamment de Castafiore Bazooka, de la Grande Sophie, d'Ebène et Ben, des Voleurs de Poules, de René René, des Shanakies, du Maxximum Kouette. On s'est aussi beaucoup occupe de Yan et les Abeilles, qui a maintenant signe sur un label et de La Tordue qui vont faire leur propre association.

T-T: Et de Mc Relou et les Relous ?

J: Relou, il est à part, je lui propose souvent des plans. Mais il s'occupe lui même de son groupe, de ces bios, des k7... Il est encore plus indépendant que nous qui sommes indépendants !!

T-T: Et quels sont vos rapports avec les bars?

J: Avec les bars c'est pareil, on commence à les dépanner une fois ou deux et on fini par travailler régulièrement avec ceux qui ont notre esprit.

T-T: Justement quel est votre esprit ?

J: Je ne veux pas qu'un bar fasse de la musique que pour faire du pognon. Faire des tunes à la rigueur ca va.. du moment qu'ils respectent les groupes et qui les payent bien. Si le groupe amène la sono, la promo..et que le bar fait un chiffre d'affaire 100 fois supérieur à la normale ce qui est reverse au groupe doit être cohérent. De même s'il ne respecte pas le groupe ou si il est trop rapia qu'il compte les boissons que le groupe consomme, moi cela ne m'intéresse pas de bosser avec ce bar. Je demande aussi au bar de me payer, je ne le demande généralement pas aux artistes. Si le bar veut que je fasse de la promo, des tracts, des affiches, de la technique etc. Il faut qu'il me paye aussi.

T-T: C'est les bars qui payent Live, Life ?

J: ouais, ce n'est pas tellement les groupes qui me rapportent. Si je trouve un gros contrat pour un groupe je prend un pourcentage mais généralement cela me paye juste la poste du jour!

T-T: Jouer dans les bars c'est important ?

J: C'est vrai que pour beaucoup de groupes "Indés" jouer dans les bars est pour eux le seul moyen de survivre. Et il y en a beaucoup qui ont vachement de talent, vachement idées, d'imagination. Ils disent des choses importantes. On pourrait aller plus loin c'est plutôt dans les bars que le message passe le mieux. D'abord parce que c'est gratuit et que les gens voient des artistes qu'ils n'auraient jamais imagine voir, les bars élargissent les goûts, et ensuite parce que la proximité avec le groupe fait que le message qu'il délivre passe mieux. Cela peut faire du bien à des jeunes d'entendre chanter Stéphane des Voleurs de Poules mieux que la soupe que l'on entend très souvent à la radio. Le pourcentage de trucs nazes qui passent à la radio est quand même énorme.

T-T: La compil Live, Life l'avez-vous faites pour démarcher les radios ?

J: Oui mais c'était surtout pour démontrer qu'il y a des groupes inconnus qui ont du talent. Je suis très étonné d'entendre tout le temps: "La chanson française en ce moment il y a rien". Ce n'est pas vrai il y a! Mais le système, et c'est un peu la faute des grosses maisons de disques, est quand même vachement bouche. A moins être patient, bien installe, bien outille, très rapide, comme ca tu coupes l'herbe sous le pieds de temps en temps à des plans, sinon c'est bouche. Cependant dans les journaux et dans les radios il y a quand même des gens qui voient que l'indépendant c'est important.. mais c'est long..

T-T: A quoi a abouti la pétition que vous avez lancée ?

J: Cela a abouti au dossier "rage" qui est le résumé de ce que l'on a fait, de tout ce que l'on a appris et découvert comme information sur la musique dans les bars et ses enjeux souterrains. Les enjeux peuvent être la création d'emploi, de dynamique de quartier, d'initiatives personnelles de différents patrons, d'artistes, d'association qui collent à mort avec le discours: "intégration, chanson française, initiative personnelle" mais lorsque cela devient concret on se retrouve en face d'un mur administratif gigantesque: The WALL. C'est à dire que la plupart des lois sont absolument obsolètes et fonctionnent sur une tolérance qui varie d'un quartier à l'autre. Ainsi des événements policiers sont parfois extrêmement bizarres et l'administration, elle même, à un discours qui change d'un ministère à l'autre. Quant à la mairie de Paris leur action pour les groupes est plutôt absente. Les lois sont étranges et deviennent de plus en plus compliquées. Et pourtant le discours est "allez-y les gars créez de l'emploi ! faites de la chansons française !". On fait de la chanson française, on crée de l'emploi, on fait de la proximité, on fait indirectement du social et on a que des problèmes !!

T-T: Et les cafés musique cela ne répond pas au problème ?

J: Cela répond un petit peu. Mais le programme n'est pas complet, il faudrait le développer. Au début ils voulaient faire beaucoup plus de Café/Musiques. A Paris il n'y a que le Blues Heures et il a financièrement du mal à s'en sortir. Il ne peut pas, par exemple s'acheter aujourd'hui du matériel et a du mal à payer son ingénieur son. J'ai rencontre, au ministère de la culture, la personne responsable du programme, elle m'a reproche de ne payer légalement les artistes avec des fiches de payes. C'est vrai! Mais lorsque j'obtiens un concert à 1000fr dans un bar avec 4 musiciens, déjà il y a l'essence, les cordes, les tracts... à payer. Il me reste, disons, 800 f. Avec cette somme je ne peux pas faire 4 fiches de payes. J'en fais deux. (Note de T-T: Une fiche de paye doit être légalement d'un montant supérieur à 300f). Mais en faire deux quand il y a quatre musiciens ce ne pas plus légal. Généralement le groupe passe un accord avec moi, ou il renonce à ces droits d'être salarie et je reverse cet argent à l'asso du groupe. Ce qui est complètement semi légal d'autant plus que j'imagine que le groupe ne le déclare pas au fisc. Mais c'est ca ou ils jouent pas. Le programme café musique a été lance pour arranger la situation. Mais le Blue heures n'a pas les subventions nécessaires pour payer les artistes aux tarifs normaux et s'offrir les services d'un comptable spécialisé pour les fiches de payes artistes, les assedics spectacles... qui sont hyper galère ! Il donne donc au groupe la recette des entrées souvent insuffisante pour faire des fiches de payes. Si le bar augmentait le prix des entrées, il ne remplirait plus son but de café pas cher. Le Blues Heures fonctionne parce que le patron se démerde comme il peut. Avec les cafés-musiques on fait souvent des contrats de ventes. C'est à dire qu'ils m'achètent le spectacle mais c'est moi qui est toutes les charges à payer et la responsabilité légal du truc. Je ne suis peut-être pas super légal, mais les cafés-musiques ne rendent pas la chose plus légale.

Et puis je ne sais pas si l'idée de la subvention doit durer toute la vie. C'est bien une subvention pour démarrer un bar mais c'est mieux si le bar devient auto géré. Il faut peut-être adoucir les termes de la loi qui datent en général de Mathusalem sur le statut du musicien amateur, professionnel, intermédiaire. La ruse est de ne pas revenir sur les acquis car tous les syndicats d'artistes se lèveraient. Ce qui est tout à fait normal. Il faut se dire que pour un jeune groupe qui démarre c'est bouche et que sans les Blues Heures, les Life/live, les bars-rock, les associations, les fanzines...il a zéro chance. A moins de signer un contrat en Or sur une maison de disque et que celle-ci s'occupe de tout. Mais cela n'existe plus! Les maisons de disques vont signer un groupe qui a 3 ou 4 ans de galère et qui est déjà "rode". La deuxième vague de réponses venant du ministère c'est qu'ils travaillent sur un statut du musicien intermédiaire. C'est à dire qu'ils vont essayer de faire comme pour les femmes de ménage un cheque "zicos". Les bars mettraient le nom du musicien sur le cheque et tout serait paye. Mais c'est valable pour un nombre de dates limites. On peut pas imaginer qu'un groupe fasse cela dix ans. Sinon il serait enferme dans un statut interprofessionnel qui serait en dessous du professionnel.

T-T: Mais si cela est comptabiliser cela leurs permettrait de toucher les indemnités chômages d'intermittent du spectacle..

J: Oui mais ils ont l'air de dire qu'un artiste ne pourra en bénéficier que 40 fois. Evidement des qu'ils touchent au statut intermédiaire ils se retrouvent en face de tous les partenaires de la musique: les syndicats, les professionnels, les maisons de disques, les éditeurset les conversations autour d'une table avec tous ces gens durent des années. Cela fait 3 ou 4 ans qu'ils bossent la dessus en attendant je ne suis pas vraiment coupable. Je continue à faire que les groupes fonctionnent. Surtout qu'on maintient la tête au raz de l'eau à certains groupes. On ne leur fait pas gagner des milles et des cents, mais si on n'était pas la, ils ne feraient soit plus de musique, soit ils seraient complètement dans la merde.

T-T: Et les groupes dont tu t'occupes ce sont des professionnels ?

J: Artistiquement ils sont professionnels. Ils arrivent à l'heure, ils savent jouer de la musique, ils sont bons... Artistiquement ils sont professionnels légalement ils ne le sont pas! Mais si la machine fonctionne c'est qu'a force de faire des scènes, ils sont un peu plus connu ce qui me permet de demander un peu plus d'argent et donc de leurs faire des fiches de payes.

T-T: Mais ceux que tu payes avec ce système ne bénéficient pas du statut d'intermittent du spectacle pour le chômage.

J: Ben non, je suis coince sauf si j'arrive à leur faire les 43 cachets dans l'année et ca crois-moi j'y arrive pas. Depuis que Life, Live existe je n'ai pu faire que 136 fiche de payes. Et il n'y a pas d'autres sorties d'argent tout le monde est encore bénévole sauf trois C.E.S. Ces situations bancales sont amenées par les mecs des ministères qui ont une vision de la musique qui date. Ils n'y connaissent rien, être sur le terrain ils ne savent pas ce que c'est. Ils n'ont jamais parle avec la mano-negra, les Négresses ou les Garçons Bouchers, encore moins avec Les Voleurs de Poules ou Yan et les Abeilles. S'ils interrogeaient les groupes connus, ils apprendraient qu'ils ont tous galèré et qu'une fois sur deux ils galèrent encore !

{arrivée de Ben chanteur du groupe Eben et Ben, bénévole à Life, live}

T-T: Avez-vous des Subventions de la mairie de Paris.

J: Quand Ben les a appelé pour la rédaction du rapport "Rage", ils ne savaient même pas que Life/live et les Bar-rocks existaient. En fait ils sont au courant mais le discours est "on ne sait, cela ne nous intéresse pas". Ma première réaction a été de me demander pourquoi la mairie ne s'intéresse pas à ce que font les gens qui habitent Paris. Le service culturel de la mairie de Paris font des trucs un peu gratin, un peu trou du cul, mais s'occuper des jeunes, ils ne le font que sur le papier comme d'habitude. L'infrastructure est naze. il ne doit y avoir que 3 ou 4 locaux de repet' en rock. Ils en ont ouvert un l'autre jour dans le 17eme, vraiment super avec une salle informatique pour faire de la musique. Un effort est fait mais c'est vraiment trop léger. J'ai l'impression que le rock fait un peu peur à tout le monde. Pourtant il y a l'exemple du Quebec qui a mis les bouchées doubles sur ses artistes. Finalement, la francophonie, le Quebec y file un sacre coup de pieds car il sortent des artistes de talent qui commence à se vendre en France, en Suisse, en Belgique, en Afrique. Il y a un marche multinationale de la musique Française, mais ils n'ont pas encore pige ca ici!

Ben: Il suffit de voir le découpage du budget du ministère de la culture en ce qui concerne la musique. Une moitié va à l'opéra Bastille, un quart au classique et le quart restant est pour toutes les autres formes musicales. Il y a un déséquilibre flagrant.

T-T: Que faut-il faire alors ?

b: une solution est d'encourager l'initiative privée et de ne pas la dénoncer en permanence. Nous avançons moins vite car beaucoup de nos initiatives subissent des interdictions outrancières ou l'absence de structure et de lieux pour travailler la musique. Il faudrait aussi baisser la T.V.A. sur les disques car le disque comme le livre est un produit culturel.

T-T: La baisse de la T.V.A. fera t-elle une grande différence ?

b: passer la T.V.A. de 20.6 à 5.5 comme le livre cela fera une sacre différence !

J: C'est une différence symbolique aussi pour que le disque ne soit pas un produit de luxe. Est-ce que no one is innocent est un produit de luxe ? En Irlande des efforts financiers, on été entrepris par l'Etat pour que les producteurs aient des avantages fiscaux. En contre parti les droits d'auteurs, d'autres impôts ont été renforces. Cette initiative a attire les producteurs anglo-saxons et crée une véritable dynamique et des emplois qui ramène de l'argent au gouvernement. Je suis sur qu'en France, le foyer d'artistes existe et que le marche francophone n'est pas à négliger. Et qu'il y a du peze à faire, puisqu'il faut leurs parler peze.

b: si on compare avec le marche du théâtre la potentialité de celui de la musique est colossale ! Et pourtant les efforts et les budgets sont faits pour le théâtre. Malheureusement le théâtre n'attire qu'un % de la population. C'est regrettable, mais la politique théâtrale y est pour beaucoup.

J: On achète bien de la musique anglaise pourquoi on ne se battrait pas pour que les anglais achètent de la musique française. On a été 3 jours à Londres faire 5 ou 6 concerts. On a rencontre un accueil formidable, pour eux c'est vachement original.

b: Dans le public, il y avait une nana d'une maison de disque allemande (BMG) de la branche anglaise qui ne connaissait rien à la musique française, elle m'a dit que notre musique était vachement française et que cela représentait quelque chose pour elle. Effectivement en exportation il ne faut pas essayer d'exporter les mecs qui font du funk à Clinton en français et encore moins en anglais. Il vaut mieux essayer d'exporter nos particularités. Un truc incroyable, un bureau d'export a été créé pour aider les Majors Compagnies à exporter. On va donc aider les major compagnies américaines à vendre en Amérique ! Nous leur avons demande pourquoi ils voulaient aider les majors qui représentent 95% du marche alors qu'il y a des petits labels en difficultés. Le bureau nous a répondu que lorsque les majors auront tout le marche elles pourront aider les autres. Actuellement avec 95% du marche les majors ne font rien ce n'est pas quand elles auront 100% qu'elles feront quelque chose !

T-T: L'Editorialiste du Caméléon écrivait que les festivals n'étaient souvent qu'un cache misère pour dissimuler une inactivité culturelle tout le reste de l'année..

J: moi j'ai envie de dire que la vraie inactivité c'est celle des ADIAMS. Elles sont censées être le relais avec les ministères. Moi je ne les sens pas hyper Dynamique les ADIAMS. Je dois en avoir, au téléphone, une par an qui fait un truc. Ils font des concerts une fois de temps en temps, nous on en fait 5 par jours sans tunes ! On ce demande ce qu'ils font avec leurs tunes. A quoi ils servent ? Ils sont bien la pour faire de la musique non??

serge

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