Lycée Le Rebours


Lutèce, une ville gallo-romaine




L'archéologie aujourd'hui


La rotonde de La Villette, siège de la Commission du Vieux Paris.

par Maxime Hengue et Nicolas Menacer

I - L'ARCHÉOLOGIE AUJOURD'HUI

II - LE FONCTIONNEMENT D'UN CHANTIER ARCHÉOLOGIQUE

III - L'EXPLOITATION DES FOUILLES

En décembre 1997, nous avons été reçus par la Commission du Vieux Paris à la Rotonde de la Villette.

Nous tenons à remercier MM. Michel Fleury et M. Bosson pour leur très aimable accueil.

I - L'ARCHÉOLOGIE AUJOURD'HUI

L'Archéologie est l'un des rares moyens qui permet de produire de la documentation dans la connaissance du passé. Elle s'aide des archives anciennes et récentes qui s'appellent les archives de la terre.

Elle est divisée en deux grandes parties : l'archéologie préhistorienne et l'archéologie historienne. Ces deux périodes peuvent se regrouper sur le même site mais en général, ce sont deux histoires très différentes.

L'archéologie parisienne est "une archéologie urbaine" qui traite de la ville. Cependant celle-ci a la particularité de concerner non seulement les territoires de la ville mais aussi la ville depuis ses origines qui remontent aux règnes gaulois et gallo-romain.

Elle est un des moyens d'avoir plus de documentations et de connaissances nouvelles sur la ville de Paris elle-même mais aussi sur un autre aspect qui dépasse le cadre de Paris, c'est-à-dire la documentation d'ordre général produite à partir des objets trouvés dans le cadre des fouilles.

En effet, ces objets ne renseignent pas uniquement sur l'histoire de Lutèce, ils renseignent aussi sur les périodes gauloise et gallo-romaine.

L'intérêt de l'archéologie est de produire des documentations nouvelles qui permettent de progresser dans la connaissance de nos ancêtres. Les archéologues actuels sont donc dépositaires d'une mémoire qui est très longue. L'archéologie urbaine est une archéologie de sauvetage.

II - LE FONCTIONNEMENT D'UN CHANTIER ARCHEOLOGIQUE

Les travaux publics sont pour les archéologues une occasion de faire des fouilles. Le travail de l'archéologue consiste à travailler très en amont dès qu'il a connaissance d'un projet, sous une forme ou sous une autre : déclaration de travaux, demande de permis de construire...

Dès que le projet est lancé, l'archéologue va rencontrer l'aménageur ou le promoteur pour lui dire qu'il a un problème archéologique sur ce site et c'est à ce moment là qu'il peut intervenir.

Grâce à la documentation, les archéologues connaissent assez bien les endroits à risques (par exemple le Forum), les différents secteurs sont à peu près connus.

On sait par exemple aujourd'hui que la ville de Paris à l'époque gallo-romaine était constituée de l'Ile de la Cité, des Ve et VIe arrondissements, d'une partie des XIIIe et XIVe arrondissements, de la colline de Montmartre et des Ier et Ive arrondissements sur la rive droite de la Seine.

A partir de tout cela, il y a une préparation scientifique très soigneuse. Les anciens chantiers ont rendu inutiles les documentations données car les constructions antérieures ont détruit les différents niveaux antiques.

Un archéologue est une personne qui intervient longtemps à l'avance auprès du promoteur car toute fouille est une destruction qui doit se terminer bien avant le début des travaux.

L'archéologue décide si les fouilles doivent avoir lieu. L'archéologie fait partie du domaine de l'État. C'est l'État qui gère l'archéologie et donne les autorisations de fouille au nom du Ministère ou plutôt du Ministre de la Culture.

Toute l'archéologie est sous la responsabilité de l'État. Les archéologues travaillent en relation avec les services de l'État mais c'est l'État qui tranche en dernière instance.

L'État a un rôle à la fois administratif et de contrôle scientifique. Seule une personne accréditée par l'Etat, qui lui reconnaît des compétences d'expert, peut réaliser ce travail.

En ce qui concerne le financement, c'est l'aménageur ou le promoteur qui paye les fouilles. L'archéologue a une grosse responsabilité car les fouilles ne sont possible qu'une seule fois : il faut donc savoir s'il doit fouiller, s'il peut fouiller et dans quelles conditions il doit fouiller.

En définitif, le dernier décideur est l'État, en l'occurrence le Ministère de la Culture. C'est une circonscription régionale à Paris qui est le service régional d'Ile de France.

Les objets trouvés appartiennent en principe au propriétaire. Mais bien souvent la richesse et l'intérêt de ces objets font qu'ils deviennent la propriété de l'Etat, qui lui-même doit prendre les précautions juridiques qui s'imposent ou l'avis des différentes parties.

A Paris, c'est souvent l'avis parce que l'on considère qu'il est normal que ce soit la ville qui présente les objets archéologiques découverts dans le cadre du Musée multinational à Saint Germain en Laye et du Musée Carnavalet qui est le musée d'Histoire de la ville de Paris.

Mais il faut savoir ce que veut dire un objet pour l'archéologue: ce n'est pas seulement un bel objet, c'est le pain quotidien du fouilleur, c'est-à-dire le petit caisson, le petit morceau de poterie, les caisses de mobilier stockées à la Rotonde de la Villette (le dépôt archéologique de la ville de Paris) qui sont là pour être étudiés comme on étudie un paquet d'archives.

Ces objets n'ont pas de valeur en soi, mais le plus important n'est pas leur valeur au sens pécunier mais ce qu'ils nous apprennent sur nos ancêtres.

Un objet n'existe que par rapport à son contexte. Comme les réserves archéologiques sont limitées en temps, une fois qu'un site archéologique est détruit, on ne peut y revenir. Le but est de trouver les meilleures questions à se poser sur ce site :

Comment est-ce que l'on va fouiller ?

Qu'est-ce que ce site va nous apporter sur l'histoire de Lutèce ?

Concernant les fouilles, on va donc essayer très tôt de réfléchir à la fois comment procéder techniquement et scientifiquement.

Sur le plan administratif, il est important pour l'archéologue de tout mettre en règle de façon à ce que l'aménageur soit contraint de prendre ses responsabilités concernant le site archéologique.

Il y a chaque année sur Paris une dizaine d'opérations qui aboutissent à la découverte de sites archéologiquement intéressants.

III - L'EXPLOITATION DES FOUILLES

Après avoir trouvé, sur des sites et chantiers, plusieurs objets de valeur différente, l'archéologue fait appel à différentes personnes spécialisées pour l'aider à reconstituer les événements et objets du passé.

Il peut faire appel à des céramologues qui étudieront la poterie et d'autres objets tels que des verres, en s'aidant de quelques documents pour connaître la date de parution des objets. Situant l'époque ou l'âge de l'objet, il fait alors ensuite appel à des élèves sortis des écoles archéologiques qui s'occuperont de la reconstitution de ces objets.

Reconstitution d'une grande amphore à partir de nombreux fragments à la Rotonde. Les morceaux sont mis en place comme dans un puzzle, ajustés avec colle et tissu.

Cette reconstitution consiste à rassembler et à recoller les morceaux trouvés appartenant à un même objet, tel que pots, verres, et même de l'argile servant souvent de marmites. Bien sûr, il est rare de pouvoir reconstituer complètement un objet, tous les morceaux ne seront pas trouvés. Les élèves reconstitueront les parties manquantes à l'aide de plâtres qui seront ensuite peints à la couleur de l'objet, dans une teinte un peu plus claire afin de pouvoir distinguer la différence de près.

Reconstitution d'une scène de mariage, esquisse d'un dessin.

Les morceaux restants, n'ayant pas servi à la reconstitution, seront utilisés comme mobile par les archéologues. Pour construire ces mobiles, les archéologues font appel à des peintres qui essayent de reconstituer une ou des scènes avec les morceaux restants.

L'archéologue, en possession de son mobile, des objets et des dates, réalisera alors des documents.