Lycée Le Rebours




Histoire du service militaire

Un officier dans l'uniforme bleu à pantalon rouge de 1914.

par Michaël Blanchard et Nicolas Mari                   


I - Origines du service militaire.

I - a - De L'Ancien Régime a 1789.

II - Le service militaire de 1789 à 1996

II - a - Le service militaire sous la Révolution.

II - b - De 1914 à 1996.

III - Vers une armée de métier.

IV - Conclusion

V - BIBLIOGRAPHIE

VI - LEXIQUE

Dans ce dossier, nous allons voir les origines du service militaire, pour cela nous partirons de l'Ancien Régime jusqu'au service militaire aujourd'hui en passant par toutes les lois, les différents points de vue au cours des années sur le service militaire. Autant de questions auxquelles nous répondrons, avec quelques photos pour illustrer.

I - Origines du service militaire.

I - a - De L'Ancien Régime a 1789.

Soldats de l'Ancien Régime faisant l'exercice.


L'armée royale est en fait assez récente. C'est au XVème siècle que la monarchie se dote d'un corps de soldats volontaires. En 1441, Charles VII crée les " compagnies d'ordonnance ", ce qui correspond aux volontaires, et ne sont que quelques milliers au maximum ; ils seront 50 000 sous François 1, 150 000 sous Louis VIII.Louis IX va rassembler près de 380 000 soldats et on peut estimer 120 000 soldats de plus si l'on y ajoute la Milice royale, les milices locales, les milices garde-côtes et les 70 000 hommes de la marine ce qui fait de l'armée française la plus nombreuse d'Europe. Un homme sur dix porte les armes à la fin du règne de Louis XIV, mais ces chiffres ne seront retrouvés qu'en 1793 lors de la levée en masse. Ces 500000 soldats ne sont pas tous des volontaires, mais comme Louis 14 devait créer une Milice royale, il y eût un tirage au sort ou étaient inscrits tous les hommes entre seize et quarante-cinq ans et, une fois par an, on en tira au sort un certain nombre qui devait servir la milice pendant cinq ans. C'est là que débute la gestation du service militaire.

Les miliciens étaient littéralement arrachés à leurs foyers, à leur culture. Les miliciens devaient remplacer les troupes régulières dans les villes frontières. Les volontaires, quant à eux sont recrutés par la Maison du roi comprenant :

Les gardes du corps, les mousquetaires, les gendarmes, Louis XIV, invite toutefois les roturiers à se joindre aux compagnies de gardes du corps.

Le recrutement des soldats ordinaires est d'abord le fait des capitaines, souvent des fils de seigneurs locaux qui, regagnent leur foyer à la faveur d'une permission qui s'adressent en priorité aux gens de la région qui parlent le même patois. Beaucoup de paysans deviennent volontaires.

Au XVIIIème Siècle, le tiers des soldats sont nés citadins, alors que la population des villes ne représente que 15 à 20 pour cent du royaume. ceux qui ont quitté le monde rural et qui n'ont pas trouvé de travail sont recrutés en milieu urbain. Parmi ces hommes, guère plus de 15 pour cent d'hommes mariés, ce qui donne à l'armée française une réputation fâcheuse de galanterie, par rapport aux armées anglaise et prussienne. On trouve aussi des fils de famille qui supportent mal leur foyer ou qui cherchent à faire oublier une grosse faute, puis il y a ceux qui s'engagent à la suite de la mort d'un parent.

La plupart de ces derniers savent mieux lire et écrire le français que les autres et pourront ainsi prétendre à un grade de caporal, sergent et de sergent-fourrier. Le contrat renouvelable est de six ans mais, les volontaires quittent souvent l'armée plus tôt en achetant un remplaçant. Cependant, ceux qui ont contracté des dettes et ne peuvent quitter l'armée avant de les avoir remboursé restent engagés bien au delà des six ans.

Sous Louis XV, 20% des soldats étaient étrangers.

Au XVIIème siècle, on devenait maréchal de France " sur le tas " car à l'adolescence, les jeunes nobles partaient avec le régiment de leur père ou d'un oncle et " portaient le mousquet ", la plupart des maréchaux ont commencé ainsi à servir comme " cadets ", il n'était pas encore question de service militaire. C'est en 1749 qu'est enfin crée l'école du génie de Mézière puis en 1750, l'école militaire qui sera supprimée en 1776 et remplacée par douze écoles militaires de province à l'intérieur desquelles a lieu un concours sélectionnant les cent meilleurs élèves officiers promus alors à l'école de guerre de Paris. Le jeune Bonaparte a suivit ce même itinéraire à l'école de Brienne, dans l'aube.

Au XVIIème Siècles, les prisonniers ne sont plus massacrés, ils sont échangés d'un rang à l'autre, homme par homme et à grade égal. S'il y a un surnombre d un côté, l'autre partie doit verser une somme équivalente à un mois de solde par individu En 1643, après la bataille de Rocroi, la population de Rouen fournissait la nourriture aux 6000 prisonniers ennemis, le roi de France indemnisait la population de Rouen et se faisait rembourser par le roi d'Espagne. Par ailleurs, militaire et civils se distinguent peu à peu même si ces mots ont alors une autre signification. La guerre est l'affaire des soldats et la population doit dans la mesure du possible se tenir à l'écart.

II - Le service militaire de 1789 à nos jours.

II - a - Le service militaire sous la Révolution et jusqu'en 1914 :

Cuirassier de l'armée française.


En juillet 1783, les armées coalisées sont victorieuses et menacent Paris. Les " Vendéens " et les " Fédéralistes " ont allumé la guerre civile. L'armée française a, au cours de l'hiver précédent, perdu nombre de volontaires nationaux. Une levée de trois cent mille hommes en février 1793 fût décidée mais le remplacement étant autorisé, elle ne pesait que sur les plus pauvres. Lesquels ne pouvant payer aucun remplaçant partaient à contre cœur laissant leur famille dans le besoin. C'est à ce moment que retentit la voix du peuple " Tout ou rien ". La Révolution est alors en péril, le peuple " souverain " doit s'insurger, saisir tous les pouvoirs et se mettre à la tête des armées, ce sont les idées des sans-culottes. Plus d'armes savantes mais des baïonnettes des " saintes piques ".

En 1832, afin de parer à la stagnation des engagements, le maréchal Soult, ministre de la Guerre, fait voter une loi qui renverse l'ordre précédent : La loi impose un service d'une durée de sept ans. L'armée est constituée d'appelés et de conscrits (les uns incorporés, les autres formant la réserve).

A la fin du Second Empire, des idées de réformes sont tout de même pensées. Napoléon III est inquiet de la victoire prussienne de Sadowa où, en 1886,la Prusse bat l'Autriche, et qui révèle une transformation dans le rapport des forces en Europe tout en prouvant l'efficacité du système prussien, à savoir un service universel fondé sur des réserves instruites.

L'empereur cherche à adopter ce système à la France, mais son projet rencontre une opposition.

En 1868, la loi Niel, dont la principale innovation consiste à la création de la garde nationale mobile, où chaque citoyen peut servir quinze jours par an et bénéficier d'une formation militaire.

Toutefois, la réforme arrive trop tard car la guerre opposant la France à l'Allemagne tourne à la débâcle, malgré le sursaut du gouvernement de la Défense nationale, qui organise la levée en masse, résultat : défaite, invasion, occupation. Les républicains décident donc de réagir tous ensemble. La loi Cissey du 27 juillet 1872, rétablit un service militaire universel d'une durée fixée par tirage au sort (cinq ou un an).

Le 15 Juillet 1889 : la loi Freycinet ramène le service militaire à une durée de trois ans. Service personnel, obligatoire, universel, mais encore inégal.

La loi du 21 Mars 1905 préparée par le général André, ministre de la Guerre, impose le service personnel et obligatoire tout et abaisse sa durée à 2 ans.

En 1913, la durée du service est portée à trois ans.

II - b - De 1914 à 1996.

Le " poilu " : soldat de la première guerre mondiale.


En 1914, au moment où la France entre en guerre, elle dispose de 760 000 hommes. Pendant le conflit, huit millions d'hommes entre 18 et 45 ans sont mobilisés au total, soit 20% de la population ; c'est la première fois que la nation armée issue d'un service militaire obligatoire et universel est soumise à la guerre totale. La durée des combats pose d'ailleurs le problème de la main -d'œuvre nécessaire pour faire tourner l'économie, d'où la création des affectés spéciaux, soldats mobilisés mais renvoyés à l'arrière.

Après l'armistice du 11 Novembre 1918, réduction du service militaire ; la classe 1919 est libérée avant la fin des trois ans prévus.

Le 1er avril 1923, adoption transitoire du service militaire de dix-huit mois, en 1928 on abaissera la durée à un an. Le 16 Mars 1935, afin de résoudre le problème aigu des effectifs, le service est finalement porté à deux ans.

Lors de l'accession au pouvoir d'Hitler, De Gaulle veut fournir à la France un outil moderne et de qualité : L'armée de métier de 100 000 hommes.

Dès mars 1939, devant l'aggravation de la situation internationale, les conscrits libérés en octobre 1938 sont rappelés puis, les 21 et 27 août, deux mesures réintègrent respectivement 848 000 et 725 000 hommes, faisant passer les effectifs de l'armée de Terre de 875 000 hommes au mois de juillet à 2 448 000 à la veille de la guerre ; en septembre 1939, la mobilisation porte les effectifs à plus de cinq millions d'hommes. Après la démobilisation et l'armistice, le service militaire ne disparaît pas complètement.

Finalement, avec l'accord du droit de vote aux officiers le 17 août 1945, l'armée n'est plus la " Grande muette ".

En 1946, les conscrits ne représentent que 14,3 % des effectifs de l'armée française ; 20,5 % à la fin de 1947 et 29,1 % le premier janvier 1950 ; alors qu'en 1948, le ministre a souhaité qu'ils forment les 55% des troupes. C'est la guerre d'Indochine qui empêche de réduire le nombre des engagés.

La loi du 30 novembre 1950 fixe la durée du service à dix-huit mois.

Fin 1953, les appelés forment 33,8 % des effectifs, mais en 1954, lors de la guerre d'Algérie, l'armée française est à nouveau constituée majoritairement de conscrits (57 % des troupes en 1957 ).

En 1962, fin de la guerre d'Algérie, on en revient à un service de dix-huit mois, puis de douze mois avec la loi Debré du 10 Juillet 1970.

L'adoption du code du service national, le 10 juin 1971 a pour objet d'assurer en tout temps, en toutes circonstances et contre toutes formes d'agressions, la sécurité et l'intégrité du territoire, ainsi que la vie de la population. Signe de cette évolution de " militaire " le service devient " national ".

1992, janvier ; la durée du service national passe à dix mois.

III - Vers une armée de métier.

Le 22 février 1996 : Le président Chirac se prononce en faveur de la professionnalisation des forces armées et de la réforme du service national.

La conscription est aujourd'hui remise en cause.

Le système français devrait ainsi évoluer dans les six années à venir vers la professionnalisation des forces armées, à l'image de la situation britannique. Cette armée de métier rassemblera 350 000 hommes. Aujourd'hui le sort de la conscription n'est pas encore réglé ; soit :

- Conserver un service national.

- Abolir la dimension militaire, et instituer un service civil (prévention et sécurité, solidarité, éducation, humanitaire ), ouvert à la fois aux hommes et aux femmes, sur une base exclusivement volontaire.

IV - Conclusion :

Dans ce dossier nous avons vu tous les changements du service militaire depuis sa création en 1789 jusqu'à nos jours et nous a démontré que le service militaire à un rôle d'éducation et de formation civique.

V - BIBLIOGRAPHIE :

Magazine l'HISTOIRE numéro 212

ENCYCLOPEDIE ENCARTA 98 sur P-C, plus photos (photo cinéma vidéo des armées ).

Site INTERNET du Musée de l'Armée : http://www.invalides.org/

VI - LEXIQUE :

CONSCRIPTION :            nom donné, à partir de la loi Jourdan (1798), à        
                          l'inscription sur les listes des jeunes gens parmi     
                          lesquels le sort désignait ceux qui accompliraient un  
                          service militaire.                                     

CONTINGENT :              ensemble des jeunes gens qui, au cours d'une année     
                          civile, sont appelés au service national actif.        

EXEMPTION :               dispense du service militaire pour des raisons         
                          d'incapacité physique.                                 

MOBILISATION :            appel des hommes aux armées, sans que pour autant la   
                          guerre soit officiellement déclarée.                   

RESERVE :                 à la différence de l'armée active, partie des forces   
                          militaires d'un pays qui n'est pas maintenue sous les  
                          drapeaux, mais qui peut y être rappelée.