Lycée Le Rebours


Jeanne d'Arc

Jeanne d'Arc

par Marie Thomas et Nadir Boulila












P L A N

1- Son enfance.

2- Le lien entre l'histoire et les voix de Jeanne d'Arc.

3- Les nombreuses tentations de Jeanne D'arc.

4- Les actions militaires de Jeanne la Pucelle.

5- Son procès et la mort.


I NT R O D U C T I O N

L'histoire de Jeanne D'Arc est extraordinaire : dans un monde très masculin et d'autant plus guerrier que nous sommes en plein coeur de la guerre de cent ans, cette jeune fille d'à peine 16 ans réussit à convaincre le royaume de France à la volonté de Dieu.

Toute la dimension tragique du destin de Jeanne naît de la terrible opposition entre la croyance populaire et le "rationalisme" du clerc savant. Jeanne D'Arc va en mourir.

Voici son histoire ... !


1- SON ENFANCE.


Jeanne est née le 6 janvier 1412, dans un bourg du Barrais, Dorment. Ses parents étaient des "laboureurs", c'est à dire des paysans assez aisés. Ils avaient un terrain agricole de plus d'un hectare. Elle était la fille de Jacques Darc. (l'orthographe actuel vient de l'anoblissement ultérieur de sa famille). Jeanne ne sut jamais lire. Mais elle a écouté l'enseignement religieux de sa mère et peut dire le Pater, le Credo et l'Ave Maria. Comme les autres gens, elle a suivi dans sa paroisse l'office dominical et le jeûne en Carême : elle s'est confessée et a communié à Pâques. Mais Jeanne est le produit de l'enseignement que, parcourant les campagnes, dispensaient les mendiants : Confessions et communions fréquentes, pratiques des oeuvres, aumônes aux pauvres, cultes spéciaux à certains saints, et surtout à la Vierge Marie et au nom de Jésus.

De son enfance, on connaît sa participation aux fêtes et aux jeux de ses compagnons, à l'égard de qui elle manifestait une certaine distance ; celle-ci est inspirée de sa piété et de son goût pour la solitude. Domrémy était situé sur une route fréquentée par les marchands, les pèlerins, les clercs voyageurs, le monde médiéval de la route, colporteurs de nouvelles, de légendes et d'histoires plus ou moins savantes qui se mêlaient au fond traditionnel local. D'eux elle tire ce goût très vif, nouveau à l'époque, de la confession et de la communion fréquente. La foi de Jeanne est donc une communion directe et personnelle avec Dieu.


2- LE LIEN ENTRE L'HISTOIRE ET LES VOIX DE JEANNE.


Les événements qui touchent Jeanne sont liés à la guerre de cent ans. Au lendemain du Traité de Troyes (1420) et de la mort de Charles VI (1422), le royaume de France est divisé entre un roi légal, l'anglais Henri VI qui de Paris, ne tient que la France du Nord et doit beaucoup au soutien du Duc de Bourgogne ; et un roi qui se dit seul légitime, le dauphin Charles VII qui tient le Midi.

Domrémy se tient à la frontière entre les deux France et, dans la Châtellenie de Vaucouleurs, non loin des possessions bourguignonnes et de l'Empire, c'est un des rares bourgs qui dépendant du roi de France, soit resté fidèle à Charles VII.

En 1425, les habitants doivent abandonner une première fois le village devant la menace bourguignonne. Puis en 1428, quand les anglos-bourguignons mettent le siège devant Vaucouleurs qui résiste, Jeanne, avec les siens, se réfugie à Neufchâteau. C'est dans ce contexte qu'elle a commencé à entendre des voix. Ce sont les voix de Sainte Catherine, Saint Michel et Sainte Marguerite qui lui ordonnent d'aller en France, d'en chasser les anglais et de faire sacrer Charles VII à Reims, en signe de lieutenance du vrai roi, Dieu : voilà l'essentiel du modèle de "monarchie chrétienne nationale" reçue par Jeanne D'Arc.


3- 1428- 1429, LES NOMBREUSES TENTATIONS DE JEANNE D'ARC.


Après de longues hésitations, aidée par un parent, elle va trouver en mai 1428 le représentant du roi à Vaucouleurs, le capitaine Robert de Baudricourt. Ce dernier la traite de folle et la renvoie chez elle. Désormais elle sera aidée par des gens qui croiront en la réalité de sa mission et de ses voix. Elle se heurtera à l'incompréhension ou à l'hostilité de ceux qui la croiront folle ou intrigante, voir sorcière.

Le problème de Jeanne est qu'elle se trouve face à un monde troublé par une accumulation de guerres, de famines, d'épidémies (la Peste Noire) et de misère. Cette situation politique et sociale provoque la réapparition de prophètes savants ou populaires qui proviennent d'une tradition orale médiévale. Ils pertubent l'autorité politique et spirituelle de l'église qui les pourchasse pour hérésie et les fait enfermer ou brûler.

Le 12 février 1429, elle fait une nouvelle tentative auprès de Baudricourt. Celui-ci cède sous la pression des partisans de Jeanne, après une séance d'exorcisme d'où elle sort victorieuse. En onze jours la petit troupe, partie le 13 février de Vaucouleurs, arrive à Chinon, lieu de résidence du roi Charles VII. Celui-ci très réticent, la reçoit le 25 février : "je viens de la part de Dieu pour faire lever le siège d'Orléans et sacrer le dauphin à Reims. "Elle passe l'épreuve avec succès ; elle reconnaît le roi parmi son entourage et dans un entretien particulier le convainc de sa mission. Charles la soumet à un interrogatoire dirigé par les Théologiens de l'université de Poitiers. Elle leur présente quatre prédictions : d'abord les Anglais lèveront le siège d'Orléans, puis le roi sera sacré à Reims, Paris rentrera dans le domaine royal de Charles et enfin, le duc d'Orléans reviendra de sa captivité en Angleterre


4- LES ACTIONS MILITAIRES DE JEANNE LA PUCELLE.


A la fin du mois d'avril, elle gagna Orléans qui était assiégé depuis 7 mois et qui allait succomber à la famine : sa présence rendit courage aux français et après quelques jours de combats, la ville fut délivrée le 8 mai 1429. Ce succès local eut un profond retentissement et marqua un tournant dans la guerre de cent ans. Ce fut ensuite la reprise de Jargeau, de Meung, de Beaugency, puis la victoire de Patay, le 18 juin 1429.

Avec un profond sens politique, Jeanne comprend que Charles VII, dont la naissance légitime avait été mise en cause par sa propre mère, ne serait vraiment roi qu'après avoir reçu l'onction du sacre. Après avoir repris Auxerre, Troyes, Chalons, elle força les portes de la cathédrale de Reims où l'enthousiasme populaire obligea le gouverneur bourguignon à s'incliner. Alors, le 17 juillet; Charles VII est sacré par l'archevêque de Reims selon le cérémonial traditionnel.

- Mais Jeanne allait échouer dans sa troisième prédiction. Quand elle parut devant la ville, le 26 août 1429, les parisiens renforcèrent leurs défenses : l'héroïne fut blessée au cours d'un assaut, le 8 septembre 1429. La jeune fille dut renoncer à délivrer Paris. Désormais elle participe à des opérations limitées auprès de Charles VII. Elle parvient à s'emparer de Saint Pierre-le-Moûltier en octobre 1429, mais échoue devant la Charité-sur-Loire en décembre.

Au printemps 1430, le duc de Bourgogne met le siège devant Compiègne : les habitants appellent Jeanne D'Arc à leur secours. Elle accoure et réussit à pénétrer dans la ville. Mais le 23 mai 1430, au cours d'une sortie, elle tombe aux mains des bourguignons. Leur chef, Jean de Luxembourg, obéissant aux injonctions de l'université de Paris, la livre au Anglais contre une rançon.


5- LE PROCES DE JEANNE D'ARC


Jeanne échoua dans une tentative d'évasion du château de Beaulieue-en-Vermandois, elle se jeta du haut d'une tour, ce qui lui fut reproché à son procès comme une tentative de suicide.

Dès le 26 mai, l'Université de Paris avait réclamé qu'elle fut jugée comme hérétique par le tribunal de l'inquisition. Ce corps, représentant suprême en France de la culture et des préjugés savants et de la collaboration avec les Bourguignons et les Anglais, s'avérait être le principal ennemi de Jeanne. Les Anglais , qui voulaient la condamnation de Jeanne , l'achetèrent à Jean de Luxembourg, mais la remirent à la justice d'église, tout en déclarant qu'ils la reprendraient si elle n'était pas déclarée hérétique.

Pourquoi l'évêque Cauchon a-t-il fait brûler Jeanne d'Arc ?

L'évêque Cauchon était un ecclésiastique français, né dans la région de Reims vers 1371. Nommé recteur de l'Université de Paris, il avait derrière lui une carrière de théologien quand il se lanca dans la politique. Lors de la querelle des Armagnacs et des Bourguignons, il prit le parti des Bourguignons, amis des Anglais. Le duc d'Orléans avait été assassiné par les Bourguignons. Cauchon expliqua à l'assemblée des évêques, le " concile ", que cet assassinat n'était pas injuste. Il devint le défenseur officiel de la cause des partisans de Bourgogne.

Reconnaissant, le parti des Bourguignons l'avait nommé évêque de Beauvais en 1420. Pendant la guerre de cent ans, les Bourguignons furent du coté des Anglais et les Armagnacs du coté du roi de France Charles VII qui destitua Pierre Cauchon. Il fut chassé de Beauvais en 1429 et trouva refuge à Rouen. Son rêve était d'être archevêque de Rouen, ville tenue par les Anglais. Il était donc docile au parti des occupants quand commenca le procès de Jeanne d'Arc en 1431.

Cauchon avait servi d'intermédiaire dans la négociation entre les hommes du duc de Bourgogne, qui avaient capturé Jeanne, et les Anglais qui voulaient qu'elle leur fut livrée. Il était l'instructeur tout désigné pour le procès.

Cauchon tint à assister au supplice, espérant jusqu'au bout que la condamnée renierait ses voix. Elle mourut en disant Jésus. L'évêque avait bien conduit son procès.

Pour tous Jeanne était condamnée comme hérétique et non comme ennemie des Anglais. Ni le roi Charles VII, ni le pape ne la défendirent au moment du procès. Quant à Cauchon il ne reçut pas la récompense qu'il espérait. Les Anglais le firent nommer évêque de Lisieux en 1432.