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  LES DEUX VOYAGEURS

Conte de la vérité et de la fausseté 

De ce conte, plus de 47 versions sont connues en France, dont 32 versions comportent le même motif introducteur, celui de la cécité d'un des personnages.
Conte d'initiation, complexe, quête de la lumière 
Bibliographie :

Conte-type n° 613 dans le Conte populaire français, de Paul Delarue et Marie-Louise Tenèze, Editions Larose et Maisonneuve, Paris.

 

Vers nº 1. Ech tchou avul (le petit aveugle), VASSE-DEBRIE, Picardie, non paginé)

Il y avait une fois une pauvre femme qui avait deux fils dont l'un était aveugle. Un jour qu'elle les avait envoyés dans la forêt pour chercher du bois, le grand frère perdit le petit aveugle.
Le pauvre enfant pleurait en criant " Tchou frère, eh ! Tchou frère " Puis, ayant peur, il monta en haut d'un arbre.
La nuit venue, il entendit au pied de l'arbre, un renard et un lapin qui parlaient.
Le loup disait : " Il y a près d'ici une fontaine où un aveugle peut voir clair en se lavant les yeux."
Le renard disait : " Je connais un pays où on ne voit pas clair ; il suffirait d'y faire chanter un coq."
Le lapin disait : " Je connais un pays où il n'y a pas d'eau ; pour en avoir il n'y aurait qu'à creuser à la porte de l'église."
Quand les trois bêtes furent parties, le petit aveugle descendit de l'arbre et s'en alla à tâtons chercher la fontaine, s'y lava les yeux et recouvra la vue.
Aussitôt, il prit un coq et le fit chanter dans le pays où on ne voyait pas clair, et soudain le jour parut. Pour le récompenser les gens du pays lui donnèrent un sac d'or.
Il prit ensuite une bêche et alla creuser un trou à la porte de l'église du pays où on ne pouvait avoir d'eau et aussitôt une fontaine se met à couler. Pour sa peine, le petit aveugle reçut encore un sac d'or et s'en alla, bien content, retrouver sa mère et lui raconta son histoire. Le frère voyant que le petit aveugle était si riche, monta sur le même arbre et le soir venu, il entendit les trois animaux qui disaient :" On voit clair dans le pays où on n'avait jamais vu clair ; il y a maintenant une fontaine dans le pays où il n'y avait pas d'eau ; il doit y avoir quelqu'un qui nous a entendus."
Ils se mirent à secouer l'arbre, firent tomber le méchant frère et le loup le mangea.

La mère de Henri Vasse a appris ce conte, qui lui était dit en picard, sur les genoux de son père Jules Bralant, né à Pont-de-Metz en 1820. 

 

 

 
 

 

   

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